Un conflit malien non
résolu, une Afrique de l’Ouest en effervescence, un fiasco en Syrie qui se
répand sur l’Irak, 2.000 morts et des colonnes de réfugiés fuyant d’Ukraine vers
la Russie, entraînant des affrontements en Azerbaïdjan, en Transnistrie, en
Moldavie, voilà quel est le bilan d’une politique étrangère sans grandeur et
sans cap autre que celui qu’une superpuissance lui donne. Nous sommes associés
à la politique du pire avec des engagements contre-nature auprès des djihadistes
en Syrie que l’on combat par ailleurs en Irak, le tout couronné par des dizaines
de milliers de morts et des pays économiquement à terre. Ajoutons à cela une
armée, projetée sans retenue sur de nombreux théâtre d’opérations, dont le
dénuement est avoué par ses généraux et ceux qui rafistolent tant bien que mal son
matériel.
A ce
fiasco de la politique étrangère, qui ramène la France au rang de vassal, il
faut bien constater le fiasco de la politique économique et même sociale car il
faut bien se rendre compte que les prestations sociales sont en constante
dégringolade par des remboursements moindres et des prélèvements plus forts.
Même la politique familiale est écornée dans le rabotage systématique du
quotient familial et des allocations. Sur le plan économique les derniers
chiffres de l’INSEE sont désastreux. Avec une croissance à 0% pour les 6
premiers mois de l’année, la situation est objectivement grave. Sans croissance
l’inversion de la courbe du chômage est rejetée aux calendes grecques.
Le
déficit s’établira, au minimum, à 4% du PIB pour 2014. Avec une inflation de
l’ordre de 0,5% et une croissance réelle de l’ordre de 0,5% (en étant
optimiste), il faudrait baisser les dépenses publiques de 3% du PIB soit 16% du
budget pour arriver à une stabilisation de la dette. Une telle politique d’austérité
ne ferait qu’accentuer un choc récessif si elle ne peut être réalisée par une
suppression des gaspillages.
La croyance selon laquelle la baisse
des dépenses publiques nettes, que ce soit par la hausse des prélèvements ou
par la baisse des prestations sociales, n’aurait pas d’impact sur la croissance
est erronée. C’est ainsi que la dégradation des retraites pousse les ménages à
épargner plus, et donc à consommer moins, avec un choc négatif sur la
croissance. On a d’ailleurs pu constater que la Commission Européenne s’était
régulièrement trompée en ce qui concerne ses prévisions sur la Grèce,
sous-estimant largement l’effet dépressif des mesures d’austérité mises en
œuvre. C’est cette réalité qui est ignorée de notre gouvernement et a généré
des prévisions d’un optimisme dangereux.
M. Pierre Moscovici, Ministre des
Finances dans le gouvernement constitué en juin 2012, pouvait ainsi
déclarer : « Les prévisions que nous avons établies sont des
prévisions volontaristes, nous en sommes conscients. Elles sont au-dessus du
consensus des économistes. Mais elles ne sont pas d’un optimisme insensé, elles
sont réalistes ». Il s’est en
fait agi d’une terrible erreur de prévision qui a eu tendance à minimiser l’effet
d’une variation des dépenses publiques sous l’effet des variations de la
croissance. Plus la croissance diminue, plus un certain nombre de dépenses augmentent
comme les dépenses d’indemnisation du chômage ou des prestations sociales versées sous condition de ressources. La force
du lien entre les deux est matérialisée par le « multiplicateur des
dépenses publiques » pris à 0,5 alors que j’ai pu montrer dans un article précédent qu’il était de l’ordre
de 1,5. Cette grossière erreur a rendu les budgets irréalisables mais surtout
faussé les orientations de la politique économique capable de favoriser la
croissance.
La France est
le dos au mur car elle est prise dans le double carcan d’une monnaie non
adaptée à sa compétitivité actuelle, de contrainte de réduction du déficit
budgétaire et de la dette publique qu’elle ne peut d’ailleurs finalement pas assumer.
La douceur des taux des emprunts qu’elle doit faire pour payer ses
fonctionnaires, douceur tout-à-fait exceptionnelle et d’autant plus sujette à
une remontée brutale, ne suffit plus à améliorer l’équilibre budgétaire. Le
montant de l’épargne française, largement au-dessus de la dette, et la solidité
apparente du couple franco-allemand suffit pour l’instant à aiguiller les
investisseurs vers nos obligations d’État.
Cette
situation qui calme investisseurs et agences de notation n’est en fait pas
durable car les orientations économiques de la France et de l’Allemagne sont de
plus en plus divergentes. Il ne sert à rien de fustiger l’Allemagne qui a ses
propres contraintes, avec par exemple une variation négative de sa démographie
alors que la nôtre est positive, même si ce pays s’est enrichi jusqu’ici sur le
dos des pays du sud tout en maintenant une part importante de ses activités
hors UE. Elle ne modifiera pas sensiblement son axe d’austérité qui convient à
son économie où les salaires sont contenus même si l’apparition d’un SMIC
contrarie quelque peu cette politique. Elle continuera à bénéficier encore
longtemps des bas salaires de ses pays satellites historiquement liés sur le
plan économique.
La France ne
peut retrouver une dynamique économique qu’en libérant sa monnaie et en
pratiquant ce qu’elle a fait de nombreuses fois dans son histoire, dévaluer sa
monnaie. Cette condition est impérative pour que toutes les autres mesures,
comme la relance d’une politique d’investissement dans les infrastructures et
la baisse de la pression fiscale, ne tourne pas finalement à une augmentation
des dépenses ou une réduction de celles-ci sans effet suffisant sur la
croissance.
C’est
à ce prix que notre compétitivité peut brutalement retrouver un nouveau souffle
et redonner à toutes les autres mesures une véritable efficacité sur la
croissance. Sans cela le problème de la faiblesse de la croissance ne sera pas
résolu et nous ne pourrons faire ce qu’a entrepris le Royaume-Uni et qui place
ce pays dans un retour de la croissance. Il faut donc « affronter » l’Allemagne
avec courage et détermination en faisant le constat des divergences économiques
et démographiques. L’Allemagne doit abandonner l’euro qui plombe les économies
de tous les pays du sud auxquels nous appartenons visiblement. Ces derniers
auraient alors un euro devenant une monnaie commune et non unique, ce qui peut
permettre en plus un ajustement éventuel des monnaies nationales entre elles. Dans
le cas d’un refus de ce pays, il faut se résoudre à sortir de l’euro en
entraînant selon toute vraisemblance, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Belgique.
L’heure
est grave, Monsieur le Président. Si vous maintenez le carcan dans lequel vous
laissez la France par manque de courage politique, si vous ne voulez pas avouer
les erreurs commises, il ne vous reste que deux alternatives soit démissionner
pour laisser l’espoir d’un vrai changement soit détériorer un peu plus la
faible confiance du pays envers vous en laissant s’appauvrir celui-ci, soit dans
un grand élan de patriotisme… paraphrasant le Maréchal Pétain.. Faire don de
votre démission à la France !
« On ne conduit le peuple qu’en lui
montrant son avenir :
Un chef est un marchand d’espérance »
Bonaparte
Claude
Trouvé
Coordonnateur
MPF du Languedoc-Roussillon
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire