lundi 19 septembre 2011

Strauss-Kahn ou le professeur englué

La sortie médiatique de Strauss-Kahn nous a révélé un professeur d’économie triplement englué.
  • Englué dans un aveu de « faute morale », qu’il a finalement surtout présenté sous l’angle de la faute politique et ceci sans aucune pudeur vis-à-vis des nombreuses femmes qu’il a « lutinées ».
  • Englué dans un « pacte » avoué opportunément pour relancer sa partenaire dans l’arène présidentielle tout en ménageant le parti pour se refaire une vie politique future.
  • Englué dans une vision économique qu’il a professée et qui lui a permis d’atteindre au FMI le sommet de cette discipline, mais dont la faiblesse éclate au grand jour. Sa piteuse évocation du grand danger qui menace l’économie européenne, l’urgence des remèdes à appliquer et la « pauvreté » de la solution préconisée font tomber le professeur vénéré de son piédestal.
Le rachat de la dette grecque, qui va être pris en compte par les banquiers et les états, sera finalement payé par les contribuables européens. Ceci n’empêchera nullement l’Italie, l’Espagne, l’Irlande, le Portugal de demander de l’aide et d’être finalement considérés comme plus ou moins non solvables. Par son agacement de voir la difficulté des européens à se mettre d’accord sur le paiement de la prochaine tranche de crédit à la Grèce, il a validé le fait que l’Europe ainsi construite ne peut pas fonctionner. Les intérêts divergent car les caractéristiques socioéconomiques, lois sociales, dettes, coûts salariaux, taux d’épargne sont très différents.

Philippe De Villiers a, depuis longtemps, prédit ce qui se passe aujourd’hui. L’histoire s’accélère désormais, même les Etats-Unis sont sur la sellette et Obama annonce un plan de 3000 Mds$ d’économie sur 10 ans. Les riches sont mis à contribution et il table surtout sur l’arrêt des dépenses en Afghanistan et en Irak. Tout le système monétaire et financier est ébranlé. L’argent virtuel créé depuis la déconnexion du dollar avec l’or, et ce pour des besoins de guerre, a créé une masse monétaire engendrant des dégâts considérables dans l’endettement des Etats et des particuliers.


Le professeur Strauss-Kahn devrait revoir sa copie mais son appartenance aux réseaux mondiaux comme le Groupe de Bilderberg ou la Trilatérale, promoteurs d’une gouvernance mondiale, le bloque sur cette vision de globalisation des dettes. Les nations et les hommes ont peu d’importance dans cette vision macroéconomique orientée sur la maîtrise du monde par une « secte » de puissants.


L’heure est grave oui, Strauss-Kahn a raison sur ce point mais les solutions annoncées par les partis UMPS n’apportent rien de nouveau si ce n’est une gestion plus saine de la dette publique sans que l’on sente que les dépenses administratives de l’Etat soient vraiment réduites aussi drastiquement que vont être augmentées les ressources sur le dos des citoyens. Les riches seront plus ou moins mis à contribution selon l’heureux ou heureuse élu(e) mais cela ne va pas changer fondamentalement les choses, le cap reste le même.


L’euro est toujours présenté comme notre plus grand trésor et y toucher c’est comme la foudre tombant sur nos têtes. Aucune discussion large et constructive n’est donc encore possible tant que ce dogme sera maintenu.

L’adoration à l’euro, comme celle au Veau d’Or,


est le jouet du dollar et le bonheur du yuan.


Heureusement Strauss-Kahn a dit qu’il faut payer et vite !


Merci et bon voyage !

Claude Trouvé