Dans
la pratique de la désinformation, l’exemple d’Irma est particulièrement significatif.
Evidemment ceci n’enlève rien aux jours d’angoisse d’une population livrée à
elle-même dans des îles ravagées, même si le bilan humain est loin de celui des
grandes catastrophes. L’ouragan Irma s'est développé du 29 août au 12 septembre
2017. Il est le dixième système tropical de la saison cyclonique 2017 dans
l'océan Atlantique nord et le deuxième ouragan majeur, catégorie 5, sur l’échelle
de Saffir-Simpson, après l'ouragan Harvey, catégorie 4, survenu une semaine
auparavant. Il a sévi sur les îles de Barbuda, Saint-Barthélemy, Saint-Martin,
Anguilla et les Iles Vierges, la côte nord de Cuba et s’est affaibli sur la Floride.
Fort heureusement on ne déplore que 11 morts dans l’île de Saint-Martin, même si
de nombreux drames humains sont à déplorer ainsi qu’une situation préoccupante
concernant l’accès à l’eau potable, l’hygiène et la santé.
Je
laisse à la commission d’enquête parlementaire le soin de dégager les
responsabilités des autorités en la matière, même si j’ai un doute sur son
impartialité vu l’énorme pression mise par le gouvernement sur les députés
LREM. Mais je ne laisse pas passer le battage médiatique donnant une image de l’ouragan
bien au-delà de la réalité déjà assez catastrophique. Je note les déclarations
répétées sur un ouragan d’une ampleur et d’une force jamais connues, et sur le
lien avec le changement climatique sans aucune preuve, en contradiction même
avec les écrits du GIEC et justement dans une période précédente de calme relatif
des évènements cycloniques. L’urgence du matraquage climatique pousse les
informations hors de la réalité profitant de l’angoisse que fait naître le
catastrophisme. Elles font de plus naître le sentiment de besoin de protection
que nous doit l’Etat et profite à son chef. Il restera à voir l’opinion des îliens
quand le projecteur de la presse se sera porté ailleurs.
Mais
ce qui est choquant c’est le quasi silence médiatique durant cette période,
lorsque le 8 septembre le Mexique a été touché par un tremblement de terre de
8,2 sur l’échelle de Richter. Il faut savoir que +1 sur cette échelle veut dire
un séisme d’une énergie 30 fois supérieure et d’une amplitude 10 fois plus
grande. A titre de comparaison les séismes les plus élevés relevés en France n’ont
jamais dépassé le niveau 7 et nos centrales nucléaires sont prévues pour
résister à un niveau 8. Le bilan humain des tremblements de terre est toujours
lourd. Ainsi la Guadeloupe a été frappée le 8 février 1843 par le séisme de
magnitude estimée entre 8,0 et 8,3, le plus puissant jamais noté dans les
petites Antilles provoquant la mort de 3.000 personnes sur son passage. Le tremblement
de terre à Tangshan (1976 - Chine), de magnitude 7,8 a tué 240.000 personnes. Le
12 janvier 2010 à 16 heures 53 heure locale, une secousse comprise entre 7,1 et
7,3 de magnitude a frappé Haïti. Son épicentre était situé à 25 kilomètres de
Port-au-Prince, la capitale du pays. Au moins 230.000 personnes ont trouvé la
mort.
La
leçon de ces évènements est que nos Antilles ont encore plus à craindre des
séismes que des cyclones et pourtant ce sont ces derniers qui retiennent l’attention
des médias. Il est bien sûr plus facile de faire leur lien avec le climat que
pour les séismes, même si ces derniers peuvent être encore plus dévastateurs et
lourds sur le plan humain. Nos îles antillaises sont-elles bien préparées à
subir des séismes d’une ampleur que nous ne connaissons pas en métropole ?
A-t-on tiré les leçons sur le séisme sous-marin de l’océan indien au large de
Sumatra, le 26 décembre 2004, qui a provoqué un énorme tsunami, avec une
vague atteignant à certains endroits jusqu'à plus de 30 mètres de hauteur, et
a ravagé les côtes de l'Inde, de l'Indonésie, du Sri Lanka et de la Thaïlande. Avec
une magnitude comprise entre 9.1 et 9.3, ce tremblement de terre est le
deuxième plus puissant jamais enregistré et l’estimation finale du nombre de
morts est de 250.000.
Qu’a-t-on retenu de cette catastrophe ?
Pas grand-chose sinon la mise en place d’un système d’alerte plus efficace. En
effet le vendredi 11 mars 2011 a lieu le plus important séisme mesuré au Japon avec
une magnitude de 9.0. Son épicentre se situe à 130 km à l'est de Sendai, et à
environ 300 km au nord-est de Tokyo comme on le voit sur la carte du séisme et
de ses répliques. Il est suivi par un tsunami avec une vague estimée à plus de
30 m de hauteur par endroits, parcourant jusqu'à 10 km à l'intérieur des
terres, ravageant près de 600 km de côtes et détruisant partiellement ou
totalement de nombreuses villes et zones portuaires. Le Japon déplore 18.079
morts et disparus. Mais aujourd’hui nos médias aux ordres ne parlent plus ou
presque du bilan humain mais de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Cet
accident majeur qui a pollué l’environnement et nécessité l’évacuation des
populations autour de la centrale n’a pourtant pas eu de conséquences notables
sur la population. D'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les
conséquences sanitaires anticipées des doses d'irradiations reçues par les
populations étaient minimes en 2013. Par contre le stress dû aux évacuations
serait responsable de 1500 morts.
De
toute évidence ce n’est pas le séisme en soi qui est responsable de cet
accident mais le tsunami provoqué. La centrale nucléaire a bien résisté au
séisme malgré qu’elle soit prévue pour résister à un séisme d’amplitude de 8.0
et non de 9.0, valeur possible dans cette zone du Pacifique. La vague de 15m
qui a atteint la centrale était bien supérieure à la hauteur de 5,7m de la
digue de protection. Or le séisme de 2004 dans l’océan indien avait provoqué
une vague de 30m de haut. Cette centrale ne pouvait pas ne pas être submergée
et, à défaut de hauteur suffisante de digue, d’autres dispositions auraient dû
être prises à sa construction pour éviter en particulier la perte de l’alimentation
électrique. Malgré tout cela c’est le tsunami qui a créé le plus de morts et
disparus et non la centrale nucléaire.
Ceci
permet de voir comment les médias guident la pensée des lecteurs et auditeurs
vers l’opinion qu’ils souhaitent. Le Japon paie cher les erreurs de
construction de cette centrale mais l’amplification du catastrophisme va bien
au-delà de la réalité et fait oublier la force de la nature qui reste le pire
ennemi de l’homme. C’est la peur du nucléaire qui est souhaitée par les lobbies
qui misent sur des énergies renouvelables, marché plus accessible et plein de
promesses en Afrique entre autres. Ils utilisent à fond les mouvements
écologiques dont il est nécessaire de dire le plus grand bien. Mais ceci
relativise aussi l’influence que peut avoir l’homme sur des évènements
climatiques. En effet la force de la nature ne se limite pas à celle des océans
et leurs échanges avec le soleil, ni aux séismes géants, mais elle a aussi une
arme redoutable que sont les volcans. Certains d’entre eux peuvent supprimer
toute vie sur terre.
Alors
au lieu de dépenser notre énergie à se protéger du danger climatique, alors qu'on n’a
encore aucune certitude sur la validité des prévisions, il serait plus utile de
penser à protéger au mieux les peuples des catastrophes statistiquement
certaines que leur réserve la nature. Et dans les mesures de protection, il y a
leur information dès le plus jeune âge et non leur désinformation par
matraquage abêtissant. Le tsunami ravage les côtes en quelques minutes, mais la
montée des océans, si elle se confirme, attendra au pire la fin du siècle pour
atteindre 30cm ! Pensez-y.
La désinformation sur les dangers réels
de la nature
Est plus grave que la désinformation
politique
Il en va de la vie de millions de
personnes
Que l’on joue sur un plateau d’argent !
Claude
Trouvé
Coordonnateur
MPF du Languedoc-Roussillon
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