dimanche 19 avril 2020

Coronavirus : La vérité par les chiffres

Précisons tout de suite que la vérité par les chiffres n’a d’intérêt que si on a la vérité des chiffres, ce qui va nous demander un prérequis. Nous savons tous que les sondages sont truqués pour aller dans le sens souhaité par le payeur. Les instituts de sondages appartenant tous à quelques grandes fortunes accoquinées avec le pouvoir, on ne peut guère apporter de crédit à tout sondage qui conduit à penser du bien du pouvoir si on n’a pas la certitude que le payeur n’y a aucun intérêt politique. Ceci est encore plus vrai dans une période de « guerre », et ceux de ma génération savent ce qu’il faut en penser. Sondages et propagande sont intimement liés. Nous aurions dû fêter le 17 mars date à laquelle le gouvernement a pris une mesure sanitaire dite salutaire, désignant l'ensemble des restrictions des contacts humains et des déplacements définies au niveau national et local à compter du 17 mars 2020 à 12 h en réponse à la pandémie de Covid-19 en France. La population était condamnée à se confiner alors que l’on déplorait 175 morts dont 27 dans la journée. Un mois après, le 17 avril, on prône le déconfinement avec 761 morts soit +8 depuis hier et +1909 contaminés déclarés dans la journée. Cherchez la logique ! Ah oui, que suis-je bête, les hôpitaux sont moins débordés, alors on peut leur remettre une couche de symptomatiques ! Sympathique non ? 
 
Nous sommes en guerre a dit Macron, et comme toutes les guerres le peuple n’est pas invité à se battre pour les vraies raisons, mais pour la raison qui va mentalement le mobiliser. Cette raison est toujours plus ou moins liée à la peur. On doit se battre pour le climat parce qu’on peut tous en mourir. On doit se battre contre Daesh pour la même raison. On doit se battre contre l’Iran parce que ce grand pays veut avoir accès à la puissance nucléaire, puissance admise pour Israël, seul pays à ne pas avoir signé le traité de non-prolifération des armes nucléaires. L’Iran est donc un grand méchant loup nous dit-on. Il faut faire l’UE parce que la Chine fait peur… mais pas les Etats-Unis qui déclenchent guerres et conflits en permanence sur la planète. On se sert de la peur quand on veut. On veut tuer le nucléaire qui ne produit pas de CO2, on va se servir de la peur alors que les organismes mondiaux affirment que le nombre de morts est limité à quelques dizaines d’intervenants au plus près de la catastrophe de Tchernobyl. C’est moins qu’à Toulouse avec l’explosion de l’usine AZF et c’est infiniment moins que la catastrophe chimique en Inde à Bhopal. Mais on ne servira pas de ces morts pour la propagande, ils n’offrent plus d’intérêt pour les buts recherchés actuels. 
 
Alors nous sommes devant une nouvelle peur mondiale, un méchant virus grippal à qui on a tout de suite donné le nom de pandémie pour une longue litanie de mise en condition de panique d’un peuple pour qu’il se soumette au pouvoir, pour qu’il ressente dans le profond de lui-même l’intérêt d’avoir un chef dans la tourmente. Tous derrière le chef, consensus général, tous unis contre le virus, quoi qu’il en coûte, et toute une kyrielle de mots et d’expressions a envahi nos médias et les discours politiques pour faire rentrer le peuple dans sa coquille, la peur au ventre. Ma boulangère qui a la chance de pouvoir ouvrir sa boutique me disait hier qu’elle ne vendait plus beaucoup de pain parce que les gens n’osaient plus sortir et se limitaient à une sortie par semaine ou moins. Je précise qu’il s’agit du Finistère où il n’y a pour l’instant pas plus d’hospitalisés (hors ceux médicalement transférés à Brest) ou de symptomatiques que de beurre en broche. On imagine la portée du discours ambiant dans les régions touchées. Les premiers chiffres de l’INSEE sont pourtant là montrant que le nombre total de morts en mars 2020 est très proche de celui de 2019. 
 
Alors catastrophe sanitaire ou non ? 
 
Le Quotidien du médecin du 17 janvier 2015 précisait qu’au niveau mondial :
« Les pandémies grippales les plus dévastatrices furent celles de 1889-1890 (grippe russe) qui fit un million de morts, de 1957-58 (grippe asiatique, 1,5 million de morts) et de Hong-Kong (1968-1969, près d’un million de morts). Mais la plus meurtrière fut incontestablement la grippe espagnole qui fit, entre 1918 et 1920, près de 100 millions de morts selon les projections les plus récentes. Liée à une réaction immunitaire excessive (« orage cytokinique »), les complications de cette grippe étaient particulièrement effrayantes : hémorragie des muqueuses et pétéchiales, saignements auriculaires… La majorité des décès étaient dus à des surinfections, le plus souvent des pneumonies bactériennes. » 

La grippe de Hong-Kong a fait 17000 morts en France alors que nous n’étions que 51,2 millions d’habitants, soit plus de 20.000 morts en comparaison avec aujourd’hui, et cela sans confinement. Le 17 avril le nombre de morts dans le monde avait dépassé les 154.000 morts soit 0,002% de la population mondiale. On est bien loin des morts par la grippe espagnole que des études récentes évaluent à 2,5% à 5% de la population mondiale. Il y a un facteur 1000 entre les deux. En France nous en étions à 0,029% de la population le 17avril. Nous sommes encore à un facteur 100 de moins que la grippe espagnole et un pourcentage seulement légèrement supérieur aux décès d’une grippe saisonnière sévère ou de l’épisode de canicule de 2003. Jamais on n’avait porté atteinte à ce point à l’économie de notre pays, alors que l’éminent professeur Raoult estime que le confinement était inutile. Justifier celui-ci par la surcharge des hôpitaux mérite que l’on y regarde de plus près, alors que l’on avait depuis le début un médicament peu onéreux qui, pris le plus tôt possible, donnait des résultats encourageants validés par les chinois. Il aurait permis de guérir plus vite les symptomatiques et de diminuer le temps de séjour en hôpital. Ne disposant d’aucun équipement de test et de protection, la France a trouvé cet argument pour confiner toute la population. 

Le système sanitaire français est-il globalement débordé ? 

Le graphique donnant le nombre de malades du COVID-19 ayant été hospitalisés jusqu’au 17 avril montre que la France n’est pas le pays qui a sollicité le plus son système de santé, même s’il l’a été plus qu’en Autriche ou en Allemagne. Elle est loin derrière l’Espagne. Il est tout de même très significatif que le pays le moins débordé est le Danemark qui n’a pas confiné. On notera que la Suisse a dû faire face à un afflux global plus important d’un tiers. L’argument pour justifier le confinement n’est pas si convaincant surtout si l’on sait que ce sont seulement quelques régions qui ont été dans ce cas par exemple dans l’Est et en Ile-de-France. Ce n’est que tardivement et en petit nombre que l’on a réparti des malades dans d’autres régions ou transférés des médecins et infirmiers vers les régions les plus touchées. L’appel aux cliniques privées a été longtemps repoussé. En réalité il n’y a eu aucun plan de campagne mis en place. En tant qu’officier de réserve d’Etat-Major je sais de quoi je parle. Le chef n’est alors qu’un trouffion, pas un général. 

Un fort confinement permet-il de sauver des vies ? 

On entend des commentaires sur la panique aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, et des louages à l’excès sur nos hospitaliers qui n’oublieront pas qu’ils travaillent avec la bite et le couteau, selon le langage cavalier des militaires, et avec une solde de misère. On est au « plateau » est le leitmotiv rengainé pour justifier un déconfinement réclamé par le Medef qui pense que désormais les grandes entreprises vont être impactées. Cela induit le fait que la priorité a changé d’objectif. Ce n’est plus « quoiqu’il en coûte », ça coûte trop cher désormais. Il est sous-entendu donc que le confinement a porté ses fruits, et dans l’esprit de nombre de nos concitoyens, cela veut dire que le nombre de symptomatiques et de morts est plus faible qu’ailleurs.

Il n’en est pourtant rien et le confinement n’a rien apporté sur le nombre de décès par rapport à un pays comme le Danemark qui n’a pas confiné, ni même par rapport à l’Allemagne qui a permis à son peuple, sous réserve de distanciation sociale, de ne pas être cloîtré en permanence chez lui et de pratiquer des activités sportives. Certes la France a mieux réussi que l’Espagne, la Suisse, la Belgique, l’Italie et l’Irlande qui ont confiné leur population parfois plus sévèrement que nous, mais beaucoup plus mal que le Danemark et la Suède qui n’ont pas confiné. Le cas de l’Autriche qui a confiné mériterait une attention particulière et ses résultats sont proches de ceux de l’Allemagne. L’accent a été mis sur l’interdiction des rassemblements de personnes et les déplacements non essentiels en dehors des professionnels qui ont été tolérés. Le port d’un masque aurait été exigé dans les supermarchés, selon certaines informations. Mais il apparaît que le confinement global n’a ni limité le passage par l’hospitalisation, donc la contamination, ni le nombre de décès. 

Le nombre des décès serait-il dû à une défaillance du système de santé ? 

Un indicateur pourrait être le nombre de décès par rapport au nombre de symptomatiques qui sont passés dans le système de santé. Le résultat de la France apparaît moyen. Toutefois il faut tenir compte que 40% des décès proviennent des maisons de retraite et des hôpitaux et ne sont pas passés par les hôpitaux. Si l’on ne prenait que les décès en hôpital on aurait un résultat à la hauteur de l’Allemagne et de l’Autriche. Il y a néanmoins un enseignement à tirer de ce graphique, c’est qu’il se présente de façon inversée entre les décès par million d’habitants et ceux par rapport aux hospitalisés, si l’on compare l’Espagne et le Danemark. L’Espagne a le taux de décès le plus faible par rapport à l’hospitalisation et le Danemark le plus fort, et inversement. Le Danemark, qui ne confine pas, envoie seulement 0,12% de sa population en hospitalisation, et a une progression journalière de 2,7% des contaminés, et inversement l’Espagne a 0,42% de sa population en hospitalisation et une progression de 3,1%. Le Danemark voit donc une contamination plus de 3 fois inférieure à celle de l’Espagne avec une tendance à aller dans les deux cas vers une fin de contagion. On peut présager que les contaminés qui entrent à l’hôpital au Danemark sont plus triés en gravité que ceux en Espagne. L’Espagne a pratiqué un pourcentage de tests de la population près de 3 fois plus qu’en France et 2 fois plus que le Danemark sans aucun résultat sur les décès. 

Il faudra bien porter un jugement sur la qualité relative de notre système de santé mais il faut encore attendre un peu que tous les pays arrivent à la quasi-extinction des hospitalisations. On peut pourtant affirmer qu’il n’est pas le facteur discriminant le plus important des disparités de résultats entre les différents pays. Je peux même montrer que la pratique du dépistage systématique n’a pas une influence détectable sur le nombre d’hospitalisations tant la façon dont on les pratique est différente d’un pays à l’autre par les populations testées et l’utilisation faite du dépistage. Mais on peut déjà ouvrir le débat, celui la nécessité du confinement puisqu’on aborde le déconfinement comme une étape à risque nécessitant un plan précis et progressif. Il va donc falloir que l’on se penche sur la nécessité du confinement et qu’on arrête de mettre sous la table les informations claires et sans appel des pays qui n’ont pas confiné ou que très partiellement comme la Chine, qui ont pris des mesures de dépistage des foyers de contagion sans confiner, comme la Corée du Sud, et qui n’ont joué que sur les contagions par promiscuité, comme la Suède, ou qui n’ont pas stoppé toute leur économie comme l’Allemagne, ou qui n’ont pas confiné mais fermé leurs frontières comme le Danemark. Tous ces pays ont moins de décès par habitant que la France, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni.

Retenons quelques chiffres qui ne peuvent être cachés longtemps dans les réflexions sur le Coronavirus. Le nombre de décès/million d’habitants en Allemagne le 17 avril 2020 était de 52, de 58 au Danemark, mais de 279 en France, de 428 en Espagne. Certains me diront que le Danemark est un petit pays, que ce n’est pas représentatif du non-confinement. Alors que disent-ils du 452 décès/million de la Belgique qui a confiné comme nous ? Alors tout laisse à penser que le confinement global pratiqué chez nous a été une erreur alors que l’on n’a même pas mobilisé les cliniques privées pour faire face sur le plan sanitaire dans les régions les plus touchées. On a paralysé le pays et on n’est pas près de s’en remettre. Pourquoi renvoyer à l’école les plus petits enfants ? Pour en faire une garderie permettant de remettre les ménages au travail, et cela en dépit des premières affirmations demandant de fermer les écoles pour protéger les enfants, puis ensuite en leur donnant un label de super-contaminants. L’Espagne championne avec la Belgique du nombre de décès/habitants et encore avec des centaines de morts par jour fait de même. 

Le système bancaire et les grandes fortunes ont estimé que la purge était suffisante ainsi que la mobilisation pour sauver les banques. Les vannes sont grandes ouvertes pour les banques et les grandes entreprises. Alors désormais il faut remettre les productifs au travail au moindre coût. Les étudiants peuvent attendre, les retraités se préparer à payer sur leur retraite, et pour 99% des gens subir une baisse de leur pouvoir d’achat. Même si l’intérêt des emprunts d’Etat est nul, il lui faut rembourser le capital au fur et à mesure du surplus d’emprunt. Comment penser un seul instant que la mutualisation de la dette puisse être acceptée dans l’Union Européenne alors que le principal fournisseur serait l’Allemagne, et que l’UE a refusé de venir en aide à l’Italie ? Trump a tout compris. Médication du Pr Raoult, le plus tôt possible sur les symptomatiques, et remise au travail, mais pour l’Etat profond la purge n’est pas assez sévère, et il le freine Etat par Etat alors que l’épidémie progresse relativement moins vite qu’en France. Mais Trump n’est qu’un rustre bâtisseur et n’a pas fait l’ENA. Pire, comme le Pr Raoult, il ne croit pas aux prophéties climatiques, et retire son argent de l’accord de Paris, et de l’OMS aux mains de la Chine.
 
Coronavirus et confinement nous orchestrent une musique 

Qui invite un peuple parqué et tétanisé par la peur

A se défouler et chanter sur une danse macabre 

Pendant que dans l’ombre la fausse monnaie

Inonde un système financier à l’agonie 

Et une économie réelle en récession

Avant de se refaire une santé 

En nous faisant payer

Pour le spectacle !

Claude Trouvé 
19/04/20

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