dimanche 24 mars 2013

Vers un Etat pirate et inutile

La journée de dimanche avec ce sursaut démocratique d’un peuple désorienté engendre une réflexion non seulement sur le fonctionnement démocratique de notre pays, et plus loin de l’Europe, mais plus encore sur l’utilité d’un Etat croupion dans une Europe tentaculaire et flasque. La France est située au 31ème rang mondial pour son indice de démocratie et classée "démocratie imparfaite". Le cortège de manifestants regroupe non seulement des citoyens inquiets des modifications fondamentales que l’on veut apporter sur la définition de la famille dans son rôle sur l’enfant mais aussi ceux qui ne voient plus dans l’Etat un défenseur régalien mais un trublion inutile et voleur.

La représentation parlementaire qui nait d’un vote à un instant donné, et qui n’est remise en cause que quatre ans plus tard, est d’autant moins une garantie de représentation du peuple sur cette durée qu’elle se fait l’instrument d’un pouvoir exécutif né dans le même instant. Dans cette évolution de la cinquième république qui fait coïncider l’arrivée concomitante des pouvoirs exécutif et législatif, la nécessité de manifestation d’une démocratie directe devient indispensable. Elle est nécessaire pour faire évoluer sa représentation au gré des évènements créés ou endossés par l’exécutif. C’est ce que l’on observe chez nos voisins suisses avec les votations fréquentes d’ajustement des volontés populaires à la représentation parlementaire.

Nos députés et sénateurs sont élus sur le sentiment du peuple lors d’une courte période électorale mais le votant ignore ce que l’avenir va être. Il donne donc un chèque en blanc dont il ignore l’usage qui va en être fait. Son constat ultérieur peut le rendre heureux de son geste par les orientations de l’exécutif et les lois parlementaires ou au contraire le décevoir voir le révolter. C’est ce que mettent en lumière les sondages. Si ces luminions ne sont que des signaux, pour l’exécutif et le parti au pouvoir, lui indiquant qu’il doit favoriser telle ou telle corporation pour continuer son chemin en occultant délibérément l’expression directe du peuple, ils ne servent pas à rapprocher l’Etat des citoyens.

Que ce soit au niveau français ou européen, la démocratie fait peur aux gouvernants et ils fuient son verdict, mettent au panier toute tentative de protestation écrite, la bafouent ou la contournent. 700.000 signatures, difficiles à collecter dans le temps imparti, ne suffisent pas à émouvoir le pouvoir serein dans ses certitudes et méprisant du peuple comme « le mariage pour tous » lui en donne l’occasion. Le référendum, inscrit dans la constitution, n’est devenu qu’un jouet dans les mains du pouvoir pour amuser la démocratie.

C’est ainsi que l’Etat fait une politique économique qui nous mène depuis à la ruine sans que nous puissions agir sur la dilution de cet Etat dans une Europe technocratique qui s’éloigne de plus en plus de ses citoyens. Ces derniers, désorientés et impuissants, voient un Etat qui gère mal les fonctions régaliennes qui lui restent, diplomatie, défense, justice et sécurité en particulier, se retire d’Afghanistan pour s’investir au Mali, abandonne son budget aux mains de la Commission européenne et du pays le plus influent. Son Etat, devenu croupion et sous tutelle de plus en plus prégnante, n’est plus qu’un organe pilleur de troncs pour colmater les brèches du déficit budgétaire et de la dette.

Il devient le mandataire d’un pouvoir technocratique européen, aux mains des grandes puissances financières et économiques mondiales, chargé d’organiser le pillage du patrimoine privé pour alimenter un système binaire, bancaire et tonneau des Danaïdes de l’Etat, dans un cercle vicieux de relation incestueuse. Frustré par l’Europe de nombre de ses possibilités d’action, il fait dans un Colbertisme maladroit et décalé par rapport à l’évolution de l’économie mondiale. Il se mêle de régenter la croissance et les moyens de l’économie industrielle, de donner par ci, de sauver par là, pour aboutir toujours à un accroissement de la pression fiscale.

Ses actions sur le secteur automobile sont révélatrices de son inutilité, voire de sa nuisance. Les aides apportées directement ou par le biais des bonus-malus, soit 2,2 milliards d’euros, aboutit à une industrie en perte de vitesse, une fermeture d’usine et à des licenciements. Pendant ce temps, l’industrie automobile allemande se porte bien, Volkswagen va ouvrir une nouvelle usine et distribue des primes substantielles à ses employés. Les riches fuient notre pays, nos usines disparaissent, le chômage augmente. Si l’Etat n’est pas nuisible, il est pour le moins inutile. Si l’Europe le tue, c’est qu’une oligarchie politico-médiatique présente sa tête sur le billot !

Un Etat ne peut être fort sans la confiance du peuple.
Cette confiance ne peut être issue d’un paternalisme
Basé sur l’infantilisation ou l’aveuglement du peuple.
Ses pouvoirs doivent rester régaliens
Pour le Peuple et Avec le Peuple !
Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

samedi 23 mars 2013

Croissance, rigueur, assimilation… trois chantiers en friche

Les cris de joie de ceux qui avaient voté pour François Hollande et les soupirs, mêlés d’espoir, de ceux qui avaient voté contre Nicolas Sarkozy, se sont tus. Les drapeaux algériens, marocains, tunisiens, libanais ne sortent plus dans la rue que pour demander des droits nouveaux pour les immigrés, en particulier musulmans. La fête est finie ici et aux Etats-Unis aussi. Barak Obama continue à creuser la dette bien plus que ses prédécesseurs, la pauvreté a augmenté aussi là-bas et leur planche à billets tourne à plein régime pour alimenter ceux qui tirent encore parti d’une économie de croissance, bien faible il est vrai.
Comme aux Etats-Unis, l’insécurité croît non seulement dans les règlements de compte de la mafia mais dans nos écoles, dans nos transports en commun, dans nos rues. L’arrivée de gens qui grossissent le flot des demandeurs d’emploi fait monter le taux de cambriolages de plus de 16%. On tue, on viole dans les cités, le statut de la femme est remis en cause dans les ghettos au fur et à mesure qu’on le réaffirme. La société, à défaut de trouver des jours meilleurs, fait sauter tous les verrous d’une société qui protège l’enfant et la famille. La famille « normale » de nos grands-parents est en train de passer dans l’anormalité.
Forte de son taux de natalité supérieur à la moyenne européenne, la France ne voit pas qu’elle est en train d’être victime d’une invasion de peuplement par une natalité nettement supérieure, de 4 pour 1,8 chez les autochtones, qui va la submerger et la dénaturer. Cette force n’est en fait qu’une faiblesse. C’est une aide au chômage et à une guerre de civilisation que portent les jeunes générations, issues de l’immigration, qui crient de plus en plus haut et fort leur refus de s’intégrer.
Les jeunes n’ont plus de travail comme le montre le graphique ci-joint. Nos vieux réflexes nous font toujours parler en taux de chômage, alors que le véritable objectif est le taux d’emploi qui inclue le travail à temps partiel. Nous ne sommes même plus dans la moyenne européenne pour celui des jeunes de 15-24 ans. Notre économie est en lambeaux à cause d’erreurs économiques depuis quarante ans mais le choc fiscal désordonné du budget 2013 porte un nouveau coup à la croissance française. Le gouvernement est obligé de revenir sur ses hypothèses, passant de 0,8% à 0,3%, sachant que de plus il ne les tiendra même pas.
La crise est derrière nous disait François Hollande fin 2012 devant Angela Merkel, elle a apparemment un dernier souffle qui nous terrasse ! La règle qui veut que l’effort de rigueur soit partagé en deux tiers pour l’Etat et un tiers par les sociétés et les consommateurs, donc la fiscalité, n’est pas appliquée. Le budget ne maigrit pas vraiment car il s’agit surtout de reports de dépenses sur des lignes hors budget. On ne touchera pas aux fonctionnaires, le plus important budget de l’Etat. On ne parle pas des régimes spéciaux dont la justification ne tient plus. La restructuration de l’appareil administratif est toujours dans les cartons.
Que peut-on espérer de la diminution des dépenses des collectivités territoriales quand l’Etat se reporte de plus en plus sur elles et qu’elles sont dans leur presque totalité aux mains de socialistes ? Le millefeuille des strates qui s’accumulent et qui permettent de multiplier le nombre de roitelets et les dépenses n’est pas près d’être découpé !
La croissance qui nait de la compétitivité des entreprises, ne bondira pas avec le crédit d’impôt, d’ailleurs toujours pas financé en 2014, quand la fiscalité plombe par ailleurs les entreprises françaises. La flexibilité d’embauche et de licenciement ne sera pas suffisante pour permettre aux PME-PMI de s’adapter en permanence à la demande et tant que les charges sociales seront aussi élevées. Au mieux l’investissement se tournera vers l’automatisation des productions alimentant un peu plus le chômage. En effet la création d’entreprise est la planche de salut, or les conditions sont réunies pour qu’elles disparaissent.
Croissance, rigueur, assimilation restent les trois chantiers qui peuvent permettre au pays de redresser la tête… ils sont en friche ! Par ailleurs le carcan de l’euro et de Bruxelles menotte nos initiatives, et nous nous menottons toujours avec un plaisir sadique. Il n’y a donc absolument aucune raison que nous ne suivions le chemin de l’Italie, puis de l’Espagne, de la Grèce et enfin de Chypre.
Le malheur est que le peuple ne souffre pas encore assez
Pour balayer ses gouvernants profiteurs mais incapables.
Plus il attend plus la pente sera escarpée
Préparons-nous vite à l’escalade

Avant de dévisser !
Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

vendredi 22 mars 2013

Chypre au bord du gouffre ou le lampiste qui trinque…

On ne peut décemment pas s’arrêter sur les pleurs de la Sarkozie comme les médias nous en rebattent les oreilles, ni même sur le déni de démocratie du « Mariage pour tous », quand un drame est en train de se jouer dans une population si proche de nous. La Russie ferme la porte de l’aide pour l’instant et Chypre doit trouver près de 6 milliards d’euros pour lundi prochain, sinon c’est la faillite. La BCE ne veut même plus aider les banques chypriotes, ce qui est scandaleux puisque c’est dans ses statuts cette fois. L’UE ferme ses portes au plus petit de ses Etats, c’est si facile de tuer les faibles.

Le prétexte fallacieux de paradis fiscal ne tient pas lorsque l’on ferme les yeux sur le Luxembourg et le dumping fiscal qu’active l’Irlande depuis 2008. On en est à un plan B qui créerait un « fonds d’investissement de solidarité » dont le financement est opaque mais dont le montant doit être équivalent à la ponction sur les comptes bancaires refusée par le Parlement chypriote. L’impasse est quasi-totale, et une restructuration des banques semble inévitable. Ce faisant nombre de particuliers vont se voir spoliés d’une partie de leur argent car la garantie de l’eurozone est limitée à 100.000 euros.

Comme en Espagne, en Italie, le peuple chypriote peste contre l’euro et veut sortir de l’eurozone. C’est sans doute ce qui va se produire, l’UE préférant abandonner un cadavre plutôt qu’ouvrir son porte-monnaie un peu plus. La peur de la contagion des européens du sud, affamés de liquidités, fait trembler les pourvoyeurs dont l’Allemagne. La solidarité ne joue que tant qu’elle ne menace personne, elle a ses limites, comme la liberté, et ces limites sont dites atteintes… Chypre out !

Ce qui est terrible c’est que le pays va se retrouver dans un dénuement plus grand qu’avant son entrée dans l’euro. Sa sortie sera très douloureuse comme pour ceux qui attendent le dernier moment pour aller chez le dentiste. Mais on peut déplorer que ce soit le lampiste qui trinque après des erreurs monumentales de construction de l’eurozone en particulier. Avec l’Espagne et l’Italie, on prend des gants. Avec Chypre on avance qu’il n’est pas envisageable que sa dette représente 100% du PIB en 2020 pour lui mettre le couteau sur la gorge !

Par contre le déficit actuel de 120% du PIB de l’Italie est acceptable… grâce à Monti, émule de Goldman Sachs ! Alors il faut se demander ce qui se cache derrière cette frénésie guerrière. A y réfléchir, on voit que tout se joue entre quatre acteurs, l’Allemagne, la Russie, l’OTAN (autant dire les Etats-Unis), et les technocrates des BCE et FMI. Chypre n’est que la boule d’un billard à quatre bandes. Nos technocrates n’ont que faire de la démocratie puisqu’ils n’en dépendent pas. La Russie est très impliquée financièrement. L’Allemagne tient son cap d’austérité pour les élections de septembre et n’a aucune indulgence pour tout ce qui ressemble à la Grèce. Le Royaume-Uni a une importante base militaire sur le territoire chypriote et ne veut pas y voir la mainmise de la Russie.

Que représente, ce petit territoire, dans ce jeu géopolitique ? Rien ! Sinon que ce qui se passe à Chypre sur le plan économique a un retentissement mondial, que l’agence de notation Standard & Poors vient de classer ce pays en CCC, donc faillite évaluée comme quasi-certaine, et que sa sortie de l’eurozone se trouve programmée.

L’heure des grands chambardements dans une Europe encore un peu plus fragilisée arrive à grands pas. Les pourvoyeurs ne veulent plus payer pour les autres, la solidarité ne résiste pas aux lendemains de la crise de 2008-2009. En général il faut dix ans pour que les conséquences des mauvais choix se fassent sentir. L’euro était dans nos poches en 2002, il nous a souri jusqu’en 2003-2004… si l’on ajoute dix ans, cela fait ? Je vous laisse compter !

Petit à petit les pays en difficultés vont s’enfoncer

Les banques et les Etats auront les poches vides.

Vers quelles poches, croyez-vous, ira leur regard ?

A moins que… le peuple, spolié et désenchanté,

Casse leur jouet !

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

jeudi 21 mars 2013

Chypre, laboratoire de vivisection de l’Europe !

Chypre est encore bien vivante au sein de l’Europe et ses partenaires sont en train de la dépecer. Sous le prétexte d’un prêt de 10 milliards, prêt insuffisant, qu’on assortit de contraintes budgétaires draconiennes, l’île est jetée en pâture et sera vendue à l’encan. On vient en fait de toucher le fond avec la tentative de braquage de l’argent du peuple dans les banques. Que n’a-t-on pas dit de l’inconséquence des argentins qui ont innové dans la matière ? L’Union Européenne était là pour empêcher une telle éventualité !

Quel n’est pas l’étonnement des investisseurs américains de constater qu’un pays, pas plus grand qu’un quartier de Manhattan, à la recherche de 6 milliards peut ébranler le monde financier de la planète et provoquer un effondrement des places asiatiques. Comment imaginer cela quand on jette 85 milliards de dollars par mois dans l’économie américaine ? Comment peut-on en arriver là, alors que ces 6 milliards sont déboursés par la Fed toutes les 48 heures ? Désormais dans un monde mondialisé tout agit sur tout et réciproquement. Tirer la queue du chien à Chypre, le fait aboyer au Japon !

Tout tient dans le fait que les Etats, après les banques, ne peuvent plus assumer ni leurs dettes, ni leur déficit budgétaire. Alors que reste-t-il comme solution ? L’aide de l’UE et du Fond Monétaire International. La troïka, avec la BCE, impose les contraintes avant d’avancer les fonds. Ces contraintes d’austérité sont si fortes que les pays plongent dans la récession comme la Grèce, l’Espagne et l’Italie. L’Irlande a négocié le droit de garder un taux faible de fiscalisation des sociétés tout en bénéficiant de l’aide de l’UE. Elle semble surnager. L’Islande a emprisonné ses banquiers et le peuple a refusé de rembourser les dettes… ça marche depuis !

Mais Chypre arrive après les autres, le carcan s’est resserré de plus en plus sur les pays en difficulté et comble de malchance, les allemands en ont assez de payer pour toutes ces cigales. Angela Merkel se prépare à des élections difficiles en septembre et ne peut plus rien lâcher… Chypre n’aura pas plus que les 10 milliards sur les 16 demandés. Nein ! Prenez l’argent où il est encore… dans les comptes en banques des particuliers et des sociétés. Le peuple montre désormais que les échafaudages des dirigeants ne valent que par sa passivité, passivité que l’on entretient sans arrêt par des discours lénifiants, mensongers et auréolant toujours l’avenir pour masquer la cruauté du présent. Par l’unanimité de leur Parlement, les chypriotes ont dit aussi Nein !

Prise entre l’UE et la Russie, Chypre est à vendre comme la Grèce. Cette « lessiveuse d’argent sale » et cette place financière de transit de fonds survivra, morte vivante, car trop d’intérêts financiers y sont impliqués. Son patrimoine sera dépecé et le peuple maintenu juste la tête hors de l’eau pour se taire. L’Europe affronte la Russie, l’Allemagne, tributaire du gaz russe, a marqué un mauvais point. Mais l’Europe, n’étant que la juxtaposition d’intérêts particuliers dans un costume trop étroit et mal taillé, vient de créer son premier laboratoire de dépeçage et de sortie de l’eurozone, voire de l’UE.

L’Europe vient de se mettre plus bas que terre, à deux doigts de déclencher un cataclysme par effet domino. Le problème de Chypre n’est toujours pas solutionné et ce sont des années d’austérité qui se profilent. Il a toutefois mis en lumière le rejet de Bruxelles qui s’est déjà exprimé dans les urnes en Italie. Ce dernier pays est dans une impasse politique et dans la récession. La BCE sort de ses statuts et avance qu’elle mettra les liquidités nécessaires pour soutenir l’économie chypriote. Ce n’est qu’un palliatif et une entorse aux traités qui en dit long mais qui ne pourra être réitéré pour la Grèce, l’Espagne ou l’Italie.

Avec des méchants, des victimes et des cadavres, nous avons tous les ingrédients d’un grand thriller à l’européenne ! Des politiciens incompétents et maladroits essaient de « réparer » leurs erreurs en commettant encore plus de crimes. Les européens viennent de découvrir que l’on peut prendre leur argent sans leur consentement. Ils ont désormais le sentiment qu’une bande d’eurocrates non-élus ne reculeront devant rien pour sauver leur sacro-saint euro — dussent-ils anéantir les derniers vestiges de la démocratie sur le Vieux Continent et saigner financièrement chacun d’eux à blanc.

Mais déjà si on leur avait demandé leur avis en 2008, Chypre, paradis fiscal et sans ressource autre que le tourisme « low cost », serait-elle dans l’UE ? Alors il nous faut méditer, dans le bruit des craquements d’une Europe qui se sépare en nord et sud et se délite, cette petite phrase :

"Les gouvernements ne mettent pas la clé sous la porte.

Ils font tout ce qu’ils ont à faire pour garder la lumière allumée

Et maintenir le flot de pots-de-vin".

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

mercredi 20 mars 2013

Une catastrophe économique et monétaire en préparation…

La situation économique européenne n’est pas brillante. La crise de Chypre vient nous rappeler que des Etats en difficulté peuvent se retourner sur l’épargnant lorsque le binôme banques-Etat ne peut plus se soutenir réciproquement, c’est-à-dire lorsque les deux sont au tapis ! Toutefois cette croissance atone, ou récession pour les pays les plus en difficulté, est encore alimentée par une croissance chinoise de 7%, même si elle diminue un peu, et une croissance américaine maintenue à 2% par les liquidités que la Fed injecte dans l’économie américaine à raison de 85 milliards de dollars par mois !
Autrement dit l’économie américaine, et avec elle l’européenne, est sous perfusion, et ce depuis une vingtaine d’années, mais encore plus aujourd’hui avec une croissance qui ne peut résoudre le problème du chômage. La dette américaine, non seulement dépasse les 16.000 milliards de dollars, rendant illusoire son remboursement, mais la dette continue à s’aggraver par la politique de la planche à billets de la Fed. Cette dette qui représente déjà deux fois celle de l’ensemble de l’UE s’accroît encore plus rapidement. Cette course en avant génère une dépréciation continue du dollar.
Barack Obama est prisonnier des lobbies, il ne sait plus comment relancer la machine, redonner du sens au rêve américain, créer des emplois dignes de ce nom, tant la dette et les déficits explosent. Les chiffres sont plus ou moins manipulés ou sans réel impact sur l’économie américaine et nourrissent les bourses de soubresauts également manipulés par les algorithmes des grands investisseurs. La Bourse se déconnecte de l’économie réelle de l’Occident. La seule porte de sortie de l'économie occidentale est de laisser filer la dette et la dépréciation de la monnaie… jusqu’à la catastrophe finale.
L’économie mondiale se transfert à grande vitesse de l’Occident vers l’Asie de l’Est et du Sud-est. Le FMI prédit que la Chine sera la première puissance économique mondiale en 2016 mais des agences américaines disent qu’elle l’était déjà en 2010. C’est en tous cas le premier fabricant d’automobiles, le premier exportateur, le premier pays minier. Mais la Chine non seulement s’est éveillée mais elle devient une puissance incontournable et riche… oui riche même si le niveau moyen de vie du chinois est encore en retard et si une grande masse vit encore difficilement.
Le dollar américain perd de sa superbe même s’il est encore aujourd’hui la référence et l’objet du plus grand pourcentage de transactions mondiales. Pourtant la Russie, la Chine et la Thaïlande, entre autres, commercent non en dollar mais en yuan ! Les Etats-Unis sont les premiers clients de la Chine. Celle-ci, qui a ainsi engrangé beaucoup de dollars et d’obligations américaines, est en passe de s’en débarrasser progressivement pour acheter… de l’or. Elle est déjà le premier producteur d’or, or qui va directement dans ses réserves, elle fait main basse sur les achats d’or en particulier par Hong-Kong et rachète des mines d’or en Afrique, en Australie, au Brésil ou négocie des contrats à long terme avec les minières aurifères.
Plus significatif encore, est l’achat d’or par les particuliers chinois. Cet achat, qui était autrefois interdit et puni, devient un geste patriotique encouragé et c’est la ruée vers l’or des épargnants. Pourquoi ce revirement chinois ? De toute évidence la Chine veut détenir la majeure partie de l’or mondial ou en tous cas assez pour remplacer le dollar, qui perd chaque jour de sa valeur, par le yuan adossé au plus important stock d’or de la planète. Cette politique est en œuvre depuis quatre ans, patiemment et d’une façon mesurée pour ne pas effrayer, la Chine se prépare à un grand bouleversement de l’économie mondiale dont elle détient le timing.
L’Occident est en déclin, les Etats-Unis sont empêtrés dans des dettes impossibles à rembourser et dévaluent leur monnaie ipso facto en déversant des centaines de milliards de liquidités pour tenir leur économie hors de l’eau. L’Europe est empêtrée dans la crise, la rigueur, l’austérité, le chômage, les déficits comme un continent qui perd pied. Elle s’avère incapable de gérer un ensemble disparate où les inégalités entre pays s’aggravent, et où la technocratie et les lobbies tuent la démocratie sans générer une unité politique et un sentiment d’appartenance à ses citoyens. Il n’y a pas, comme aux Etats-Unis, en Chine ou au Japon, de patriotisme européen mais le règne de plus en plus évident du chacun pour soi.
Nos petites préoccupations sur les prochaines mesures fiscales, sociales sont bien peu de choses devant les menaces que de nouvelles puissances, Chine en tête, font peser sur nous. Contrairement à ce que pensent encore la plupart des gens, ni l’Europe, ni l’euro ne nous protègeront. Ce dernier sombrera avec le dollar, si ce n’est pas avant, le jour où la Chine estimera être prête pour devenir maître du monde économique. L’Europe a brisé son propre rêve et délité le patriotisme en dépeçant lentement les Etats, c’est pourtant bien de ce patriotisme dont nous aurions besoin pour rassembler les français sur la volonté de s’en sortir, par des sacrifices certes, mais avec la conviction qu’ils ne sont pas inutiles. Ceux qui ont failli depuis plus de trente ans ne méritent plus d’être aux commandes. De leur éviction naîtra l’arrivée d’hommes et de femmes plus responsables, plus clairvoyants et plus propres… la survie est à ce prix.
Napoléon et Alain Peyrefitte avaient prédit l’éveil de la Chine
Ils ne voyaient pas un tel déclin de l’Occident
Nous vivons les deux aujourd’hui !
Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

mardi 19 mars 2013

Une situation économique, sociale et politique qui prépare un nouveau 1958 !

Le comportement « mitterrandien » de François Hollande, sans en avoir la carrure, du « il est urgent d’attendre » mise sur le retour de la croissance pour remettre le peuple dans la sérénité et lui permettre de continuer son parcours présidentiel après 2016. Il suppose que les élections municipales de mars 2014 sont suffisamment proches pour ne pas refléter un « ras-le-bol » dans un contexte local où le socialisme est très bien implanté. Tout juste si l’on découvre un peu de fébrilité dans le parti avec ce manifeste, signé de 27 maires de grandes villes, pour tout faire afin de donner le vote aux étrangers… sans les voix desquels le président de la république n’aurait pas changé !
Les élections régionales et européennes de 2015 sont plus lointaines et le pari de la croissance est censé être gagné, et puis l’intérêt du citoyen pour un Parlement européen, lointain et sans grand pouvoir, ne mobilise pas les foules. On peut facilement dissocier un vote défavorable d’un véritable test national en cas de difficulté. Avec une petite diminution du chômage, on peut atteindre 2016. Inutile de dire que ce pari est jouable mais très risqué. Les citoyens ont dans leur majorité refusé la politique du gouvernement précédent, or sous des promesses de social-démocratie et des cadeaux aux Verts, François Hollande fait la même politique… en pire.
De promesses non tenues en contradictions, de couacs en couacs, de pas en avant et de pas en arrière, il n’y a pas eu de véritable changement qui puisse donner un nouveau cap lisible. L’accord signé à minima par les syndicats et le MDEF ne changera que lentement l’esprit de coopération ouvrier-patron et les ouvriers ont le sentiment d’avoir été encore une fois floués. La Banque d’investissement existait déjà, sous forme dispersée il est vrai, mais il n’y a pas d’argent supplémentaires mis à disposition. Les 35 heures ne sont pas remises en cause. Les réformes structurelles se font attendre et le nombre de fonctionnaires reste toujours pléthorique. Reste le « mariage pour tous », présenté comme l’avancée de civilisation du siècle, et le combat pour l’égalité des femmes, mené par les nouvelles égéries ministérielles.
La cote d’impopularité du Président et du Premier Ministre bat des records pour une période de moins d’un an. Le Président, jugé mou et incompétent, essaie de redorer son blason en prenant la posture du chef de guerre qui va juger, si la France doit armer les « révolutionnaires » syriens, et qui a pris le commandement d’une ancienne colonie en y projetant ses régiments. L’enthousiasme qu’avait suscité les printemps arabes est retombé, les citoyens en découvrent les effets néfastes et le chômage, qui les touche de plus en plus, mobilise leur attention.
L’Europe devient celle des désenchantés. La situation grecque et, plus près de nous, italienne et espagnole commence à susciter des propos d’inquiétude dans les lieux d’échange d’idées. Le verdit de la troïka sur Chypre qui pousse à puiser dans l’épargne des citoyens montre que certains Etats deviennent désarmés pour éviter la faillite. Une panique bancaire généralisée n’est plus une vue de l’esprit quand l’épargne des citoyens et des entreprises est dans le collimateur. On sait que cela reste une grande force de la France précautionneuse mais ce pactole est si tentant pour un Etat que le français est préoccupé.
Le scénario qui devient chaque jour plus probable c’est une crise politique, sociale et identitaire qui déboucherait malheureusement sur une période de troubles sociaux, éventuellement violents, créant une crise de régime. La désaffection des citoyens pour les partis traditionnels, même s’ils ne voient pas clairement vers qui se tourner, donc crise politique, va rejoindre la crise sociale engendrée par la fermeture des usines sur le sol français, les licenciements collectifs. Le désenchantement d’une politique de gauche qui reprend celle de droite est déjà perceptible dans les sondages. La conjonction des deux crises peut être explosive.
Ce désenchantement est amplifié par le constat de promesses non tenues sur le déficit public, la dette croissante en 2013 et 2014, et l’augmentation du chômage. Le rejet sur la politique précédente a fait long feu d’autant plus que la crise économique et financière mondiale n’est pas à son paroxysme de 2008-2009. La politique d’austérité annoncée se marrie mal avec les dépenses supplémentaires faites en 2012 et celles reportées sur 2013 et surtout sur 2014 avec un crédit d’impôt non financé. Le contexte favorable de pays voisins en difficulté nous permet d’emprunter à taux faible mais le jugement critique de Bruxelles et de l’Allemagne sur notre politique économique et sociale risque de faire redécoller les taux comme chez nos voisins espagnols et italiens.
Coincée dans le dogme de l’euro, vassalisée par les Etats-Unis,
La France sombre dans la désespérance et la perte d’identité
Qu’elle a connues sous la quatrième République avant 1958 !
Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon  

lundi 18 mars 2013

Irak, Afghanistan, Lybie, Syrie, Mali… mêmes mensonges, mêmes résultats ! (2ème partie)

Avec le « mariage pour tous », qui occupe encore aujourd’hui les français soucieux de défendre la famille « normale », nous avions un peu oublié la Syrie. Elle se rappelle à nous ou plutôt le gouvernement, toujours à la recherche de thèmes pouvant éloigner les français de leurs angoisses sur la santé économique de leur pays, relance son actualité. Quand on voit que Royaume-Uni et France défendent devant leurs partenaires européens, une nouvelle escalade dans la guerre civile au Mali, il ne faut pas chercher bien loin pour trouver quel est le pays, joueur de marionnettes, qui tire les ficelles.
Les Etats-Unis, après quelques hésitations, ont finalement reconnu la représentativité nationale des « révolutionnaires » syriens. Comme par hasard, ses deux vassaux sont pris d’une frénésie guerrière sur ce pays qui n’est qu’un théâtre d’opération pour une coalition israélo-américaine, sunnite et djihadiste, coalition d’opportunité comme tout ce qui se passe en ce moment en Afrique et au Moyen-Orient. Alors on ressort les déclarations éculées sur les Droits de l’Homme, la guerre chimique que prépare la dictature de la famille el Assad, les massacres qui deviennent rapidement des génocides. Les chiffres invérifiables grossissent à vue d’œil, 40.000 morts puis 70.000, et même « plus près de cent mille » de la bouche même du président, chiffres issus d’une petite cellule d’observateurs situés à Londres !
Ce remake d’un scénario à grosses ficelles va soit nous propulser dans une guerre qui n’est pas la nôtre et avec un droit d’ingérence sur un pays indépendant et reconnu, soit nous affronter à un désaveu de la plupart des pays de l’Europe. Plus que tout autre gouvernement de ce pays, celui actuel est pris d’une folie guerrière comme si, la situation intérieure étant non maîtrisée, celui-ci cherchait à redorer son blason à l’extérieur de ses frontières qui ne sont nullement menacées.
Oui la Syrie est en feu, tout le monde cherche à s’en emparer où à la mettre sous tutelle. L’infernale machine de propagande, comme elle l’a fait pour Sadam Hussein et Kadhafi,  a vite fait oublier que dans ce pays religieusement tolérant et multiculturel, les chrétiens et les musulmans y vivaient en paix. Il tombera avec notre aide et notre complicité aveugle dans les mains des djihadistes et des variantes locales des Frères musulmans comme nous avons réussi à le faire en Tunisie, en Libye, en Egypte en collaboration avec les régimes sunnites.
Un seul gouvernant s’est-il posé la question de savoir ce qu’il aurait décidé si des révolutionnaires s’en étaient pris aux structures de l’Etat comme on pourrait l’imaginer en France pour défendre la démocratie, démocratie bafouée en permanence puisque nous déclarons la guerre « souverainement » ? Ceci veut-il dire que le peuple est « implicitement » d’accord ?
C’est avec le leitmotiv de la démocratie, du génocide d’un peuple, et pour faire bonne mesure de la menace terroriste qui pèserait sur notre pays si le Mali tombait sous la dictature de la charia, que nous y faisons la guerre. Mais quelle démocratie y a-t-il dans ce pays corrompu comme beaucoup en Afrique ? Que venons-nous faire dans une revendication d’indépendance de berbères blancs, historiquement implantés dans le Nord d’un pays tracé par un coup de crayon sur la carte par un pays colonisateur et de confession différente, face à des noirs revanchards de l’esclavagisme subi autrefois ?
Hollande disait s’éloigner de la politique postcoloniale de la France… est-ce cela que nous menons dans une guerre pour laquelle nous n’avons pas eu le blanc-seing de l’ONU pour aller détruire l’ennemi jusque dans les fin-fonds du nord du Mali. Nous nous sommes octroyés l’extension du droit d’ingérence sans en avertir préalablement nos voisins européens dans une incohérente politique française. Comme en Irak et en Afghanistan, les troupes parties, le pays retrouvera ses vieux démons et l’islamisation du pays continuera.
Cela changera-t-il quelque chose pour la sécurité intérieure de notre pays ? Oui, cela exacerbe la volonté de détruire l’Occident qui vient guerroyer sur une terre musulmane du nord Mali, car c’est ainsi que le ressent l’Islam néo-fondamentaliste et justifie un djihad défensif et donc l’emploi de tous les moyens de lutte. Nous ne pouvons qu’être perdants, en jeunes hommes d’abord sur ce terrain difficile où les « terroristes » se sont retranchés, terrain plus vaste que celui de notre présence en Afghanistan et au moins aussi difficile pour notre armée. Nous ne pouvons que voir se multiplier les morts de soldats et les menaces d’attentats sur notre sol.
Enfin dans cette période d’austérité, non seulement nous payons une très coûteuse sortie d’Afghanistan, nous aidons déjà les révolutionnaires syriens en matériel de transmission, gilets pare-balles et véhicules blindés, mais nous sommes cloués pour longtemps au Mali si nous voulons ne pas y être allé pour rien. Comble de l’absurdité, nous allons devoir couper fortement dans le budget des armées risquant de clouer au sol l’aviation, de laisser plus longtemps notre porte-avion en cale-sèche et de dissoudre nombre de régiments. Nous avons en plus l’impudence, à écouter Laurent Fabius, de dire à nos partenaires européens que nous devrions partiellement être blanchis financièrement de nos dépenses militaires sous prétexte que nous y dépensons 1,5% de notre PIB contre 1% pour la moyenne européenne !
Les leçons de l’histoire n’ont pas de prise sur la survie politique
L’ingérence et la guerre se justifient… par la raison d’Etat…
De notre histoire romaine nous ne gardons même pas
Les jeux du cirque… pour aveugler le peuple !
Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon