samedi 3 novembre 2018

Dégrader le système social pour combler le déficit ? (4ème partie)

Le Projet de Loi de Finances 2019 continue la politique qui consiste à déshabiller Pierre pour habiller Paul, mais elle introduit une nouvelle variante. La recette consistait jusqu’alors à augmenter les taxes d’une façon globale, comme la TVA, la CSG, l’impôt sur le revenu, les éternels fumeurs et les automobilistes. Cette fois on fait du transfert ciblé pour éviter de dresser tout le monde contre l’Etat. On engraisse les hauts revenus des actionnaires et des spéculateurs, et on tape sur les catégories à faible taux de rébellion, les retraités et les familles nombreuses. Plus globalement on tape dans la classe moyenne pour alimenter les entreprises par des injections massives de liquidités par la baisse des charges et impôts. On sait que cet espoir est vain tant le gain de compétitivité de ce remède, dont une partie seulement se retrouvera dans le prix des produits, est loin d’être à la hauteur du gain à obtenir. Par ailleurs il y a toutes les chances que la prévision de croissance pour 2018 et 2019 soit très optimiste. C’est pourquoi Bercy, parti d’un premier projet 2018 à 2%, ramené à 1,9%, puis récemment à 1,7%, laisse fuiter une croissance à 1,6%, déjà plus réaliste. Mais attendez-vous au pire sur ce sujet.
Puisque les prestations familiales ont droit au coup de rabot, il est bon de les comparer à celles des autres pays. En effet si nous sommes très au-dessus de ce qui se pratique ailleurs, on peut donner crédit au rabot dans une politique d’austérité, dont j’ai dit tout le mal par ailleurs. Dans le cas contraire cela relève de l’inconscience ou d’une volonté politique délibérée aux relents de Nouvel Ordre Mondial. Les deux graphiques ci-dessous donnent une image moins subjective de la politique française dans la matière. 
Le graphique sur les dépenses par rapport au PIB montre que la France se situe dans une moyenne haute derrière la plupart des pays nordiques avec une politique familiale forte du Royaume-Uni. Sans doute ce pays a pris les devants pour ne pas se retrouver dans le cas allemand. On voit que la France se tient seulement dans une honnête moyenne et il n’y a donc aucune raison économique apparente justifiant de rogner sur cette prestation en dehors d’un rabotage général des prestations sociales, ce qui n’est pas le cas. Comme pour les retraites, les prestations familiales n’ont pas de raison spécifique à être les premières visées par l’austérité. Il ne s’agit donc que d’un calcul politique de court terme en misant sur la passivité des citoyens visés.
Mais il est utile de pousser plus loin la réflexion. La démographie d’un pays tient à deux facteurs, le taux de natalité et celui de mortalité. Ce dernier est fortement lié à la politique de santé, et le premier au taux de fécondité des femmes essentiellement dans nos pays où le taux de mortalité à la naissance est faible. Ce taux de fécondité tient à des décisions personnelles de vie, car l’accueil d’un enfant entraîne de lourdes conséquences pour un ménage. Je laisse de côté la politique de promotion de l’homosexualité et du célibat sur laquelle il nous faudra revenir. Chacun sait qu’un pays qui se dépeuple voit la moyenne d’âge augmenter et l’économie du pays s’affaisser. On peut même dire que la démographie se gère à la hauteur nationale d’un pays et que la comparaison avec les pays proches est nécessaire, soit pour freiner la natalité soit pour la ralentir. Le cas de la Chine et plus proche de nous de l’Allemagne sont l’illustration directe de mon propos. L’évolution de la population chinoise et de son économie n’était plus en adéquation, et un coup d’arrêt brutal mais tardif a créé de graves problèmes générationnels. On note le cas inverse avec l’Allemagne qui a fait venir en catastrophe un million de migrants pour pallier une natalité inférieure à la mortalité entraînant la décroissance de la population et un manque de main-d’œuvre. 
Si l’on se penche sur l’évolution des populations de pays européens à PIB/habitant élevé et pratiquant une forte politique sociale, on peut juger des écarts sur le graphique ci-contre. On remarque la croissance rapide de la démographie en Norvège et la décroissance en Italie. On comprend pourquoi l’Allemagne a fait appel à un apport extérieur dans un raisonnement purement économique loin des problèmes d’intégration pouvant faire émerger une forme de rejet, qualifié de racisme, dans son peuple. On voit que le Royaume-Uni a pris les choses en main pour ne pas se laisser décrocher. La France est en retrait dans une politique dite du fil de l’eau jusqu’en 2017.
Les gouvernements disposent de l’outil d’aide aux familles dont a bénéficié le peuple français après la ponction due la guerre dans la population. On avait pu d’ailleurs constater l’efficacité de cette politique sur la natalité si elle est assortie d’un affichage clair et médiatisé des politiques. Les temps ont changé et des slogans sur la surpopulation, d’une façon plus générale la manifestation permanente des catastrophes en cours et à venir, ainsi qu’un individualisme exacerbé, ont-ils changé la donne et relégué l’outil prestations familiales dans la panoplie des outils inutiles, voire dispendieux pour leur efficacité ? On sent bien derrière tout cela qu’il y a une politique plus orientée vers l’apport de la migration de bras peu payés plutôt que vers des enfants natifs du pays. Mais la décision de notre gouvernement en dehors d’un rabot sur les dépenses a-t-elle ou non une conséquence sur la natalité ? 
Il suffit de rapprocher les dépenses de prestations familiales de l’évolution démographique pour juger de l’effet de celles-ci en comparant des pays économiquement et sociologiquement comparables. A défaut de pouvoir cibler dans chaque pays le nombre de bénéficiaires, on peut regarder la charge par habitant de la politique de prestations familiales sur le graphique ci-contre. Hormis le Danemark qui semble dépenser beaucoup pour peu de résultats et mériterait une étude particulière, on observe un lien fort entre la valeur des prestations familiales distribuées en 2013 et l’évolution moyenne annuelle de la population de ces pays. La France n’échappe pas à la règle, donc la politique menée par le Président voue la France à un ralentissement de la croissance de sa population sans recours à l’immigration. Mais il faut bien noter que l’apport de cette population va diminuer la somme à répartir entre chacun si une croissance suffisante n’est pas là.
Ce résultat particulièrement explicite dément toutes les assertions de ceux qui affirment que l’on ne fait pas un enfant pour de l’argent, mais par amour dans le couple. La réalité est toute autre, un ménage décide un enfant après mûre réflexion et l’argent est omniprésent surtout à l’époque où la régulation des naissances est efficace et possible. Ce graphique le prouve d’une façon indubitable, ce qui n’empêche pas l’action d’autres facteurs extérieurs ou intérieurs au couple bien entendu. Même avec amour et désir d’enfanter, on doit prendre ses responsabilités sur sa capacité à ne pas créer un enfant malheureux par manque de ressources. Dans les pays pauvres, on fait des enfants pour disposer de bras et de femmes pour compenser la mortalité enfantine. Ces populations ne peuvent compter que sur elles-mêmes mais perpétuent la pauvreté par manque de réflexion collective d’adéquation de la démographie avec les ressources. 
La France fait pire, elle se tire une nouvelle balle dans le pied. Pire encore on est en droit de se demander pour quels décideurs puissants cette politique est menée, car elle n’est pas dirigée vers le bonheur du peuple et la survie de la nation. Baisser les prestations familiales, c’est faire baisser la natalité ! Est-ce un choix raisonnable ? L’Italie n’est malheureusement pas une référence. Elle ne fait plus assez d’enfants et fait une overdose de migrants. Ou bien la France n’a pas de politique démographique ou alors ses choix économiques sont soit contre-productifs, soit pour le bonheur de la caste de ceux qui en tirent profit et en sont les maîtres.
 
Macron tue la France à petit feu.
La France n’est pas de retour 
Elle s’éteint ou se vend 
Au multiculturalisme
Qui la phagocyte.
Claude Trouvé 
27/09/18

Dégrader le système social pour combler le déficit ? (3ème partie)

Le PLF 2019 vient d’être publié et les retraités sont de nouveau à l’honneur… enfin on compte sur eux pour payer les actifs. En effet le nouveau cadeau aux actifs avec les heures supplémentaires sans cotisation sociale pour les salariés est de nouveau payé par les retraités. Ils deviennent la nouvelle vache à lait avec les automobilistes. Avec une augmentation des retraites de 0,3% et une inflation de 2%, c’est 1,7% de dépenses en moins pour l’Etat, soit un gain d’environ 5 milliards par an. On oublie aussi les familles qui vont voir diminuer leurs allocations familiales sur lesquelles l’Etat va encore gratter de l’ordre de 500 millions d’euros. J’y suis particulièrement sensible comme père de famille nombreuse. Le sujet de la démographie est d’ailleurs complètement occulté par l’Union Européenne qui le gère par une politique migratoire dont on voit les effets pervers en Allemagne. C’est d’ailleurs un grand sujet de société sur lequel je reviendrai. Mais au passage on oublie l’Epargne rémunérée à 0,75%, celle prisée par les petites gens, que Macron qualifie de gens de rien, Epargne qui va se dévaluer de 1,25% par an ce qui engendre une énorme perte de richesse des citoyens et finalement une perte de pouvoir d’achat quand les épargnants cassent la tirelire. 
Puisque les retraités sont à l’honneur regardons ce qu’il en est de la position de la France par rapport aux chiffres les plus récents publiés par l’OCDE sur les graphiques ci-dessous.
Le graphique de gauche illustre les dépenses publiques, privées et totales destinées aux retraites de l’année 2013 pour la plupart des pays de l’OCDE. La France pointe à la 3ème place et n’est donc pas le pays le plus dispendieux pour ses retraités comme le laisse entendre le gouvernement, façon de les culpabiliser et de faire passer le coup de rabot. La comparaison avec les autres pays appelle plusieurs remarques. Tout d’abord le choix d’une retraite par capitalisation, avec un apport plus ou moins fort de retraite privée du modèle anglo-saxon, ou par répartition. Ce dernier est le choix français et est aussi celui de la plupart des pays européens. Toutefois le Danemark, la Suisse, les Pays-Bas et le Royaume-Uni font exception, ce qui diminue leur dépense publique pour les retraites mais introduit un facteur d’inégalité. Sur le graphique de gauche on note que l’Italie, le Portugal, la France, le Danemark, et l’Autriche forment le groupe de tête des dépenses/PIB. Toutefois il ne reste que le Danemark et l’Autriche dans la tête du classement des dépenses/habitant. 
Sur le graphique de droite ce dernier indicateur montre la charge qui pèse finalement sur chaque personne pour financer les retraites. On pourrait d’ailleurs ramener cela au pourcentage d’actifs qui payent ou au nombre de retraités qui touchent. Mais on constate que les retraités français ne sont pas les mieux lotis. On peut tirer de nombreux enseignements de ce graphique que le lecteur attentif pourra déduire tout seul. En particulier on constate la charge par habitant globalement moindre pour les pays anglo-saxons et l’effort particulier de l’Autriche, de l’Italie et de la France sur leurs dépenses dans ce secteur pour les pensionnés, retraités et handicapés. On voit que globalement les Etats-Unis dépensent beaucoup par habitant pour un résultat non satisfaisant comme l’a dit Donald Trump avec de plus un résultat encore très inégalitaire.
Mais il est intéressant de regarder ce que chaque retraité touche comme retraite dans les différents pays de l’OCDE dont nous pouvons extraire les chiffres pour 2013.Car c’est bien là le résultat qui nous intéresse. A la stupéfaction de beaucoup d’entre nous, sur les 22 pays représentés la France ne se tient qu’au 10ème rang. Le retraité français est loin d’être le mieux payé des pays de l’Espace Economique Européen au moins. Le message du retraité français riche est une arnaque pour le dépouiller ! Nous avions 16,9 millions de retraités et 18,6 millions de pensionnés en 2013. Depuis les nombres ont évolué en 2016 pour atteindre de l’ordre de 17,2 millions de retraités et 19 millions de pensionnés. Les retraites sont bloquées depuis 2013 et subissent l’inflation, elles ne font donc que diminuer en réalité. La nouvelle érosion de 2017 ne fait qu’empirer la situation du retraité français par rapport aux pays évolués. On ne peut pas considérer que la diminution des retraites pour financer le déficit budgétaire soit un signe de bonne santé de notre économie !
 
Mais quel est le pourcentage de pensionnés en France ? Cela justifierait-il une difficulté à faire face à cette dépense plus qu’ailleurs ? La France se situe à la 8ème place derrière l’Allemagne. C’est donc beaucoup plus une difficulté pour le Portugal, et l’Autriche. Reculer l’âge de la retraite, pour diminuer les dépenses de l’Etat pour les retraites, n’est pas un bon choix dans un pays où le taux de chômage est élevé, cela pousse vers la case chômage. Le véritable problème est celui de la croissance dont le gouvernement s’acharne comme le précédent à déverser des dizaines de milliards sur les entreprises sans succès. L’année 2019 va battre les records de dépenses de ce type avec le reliquat du CICE et la baisse pérenne d’impôts sur les entreprises.
Pour faire face à cette politique l’Etat fait quelques économies sur les administrations publiques mais invente une panoplie de taxes nouvelles ou les augmentent comme sur le diesel, et ponctionne les retraités. Il diminue donc dans le même temps le pouvoir d’achat et la consommation avec des dons aux entreprises qui sont loin de suffire pour donner la compétitivité nécessaire. La plus grande partie de cet apport ne se retrouvera pas dans le prix des produits à exporter et le retour de la croissance sera toujours surtout lié aux facteurs exogènes mondiaux. Cette politique est inchangée depuis Hollande. Comme le disait Einstein, le summum de la bêtise c'est quand on répète des expériences qui n'ont pas marché en espérant obtenir des résultats différents.
 
Les retraités sont désignés sans raison 
Comme les vaches à lait à traire
Pour une politique libérale 
Dont tous les ingrédients
Ne peuvent nous donner 
Que des fruits verts !
Claude Trouvé

25/09/18

Halte à la désinformation sur l’Union Européenne

Avant de continuer l’analyse des dépenses publiques et particulièrement des dépenses sociales, je tiens à mettre de nouveau les points sur les i en ce qui concerne les informations occultées ou déformées concernant l’Union Européenne. Je tiens à préciser préalablement qu’il me serait agréable de vivre dans une Europe de la Paix, voire mieux dans un monde apaisé, et que la diminution de la pauvreté partout sur notre planète fait partie de mes vœux les plus chers. Quand on a des souvenirs précis de la seconde guerre mondiale qui a fait plus de victimes civiles françaises que de militaires, quand on a baigné dans l’ambiance de l’horreur des déportations et des tortures pratiquées par la milice française, quand on a vécu avec des parents et grands-parents qui ont été sous les drapeaux pour la première ou la seconde guerre mondiale, quand on a vécu la migration devant l’ennemi dans des colonnes de réfugiés, on ne peut que souhaiter voir les hommes enterrer la hache de guerre. Oui je comprends ceux qui rêvent d’une Europe fraternelle et prospère éradiquant la pauvreté. Mais le rêve est-il devenu ou va-t-il devenir réalité ? C’est la question à laquelle chacun doit répondre.
Oui la paix dont bénéficie la France depuis 73 ans sur son territoire, si l’on excepte la douloureuse affaire du département français de l’Algérie, est d’une durée unique dans son histoire. Non la paix n’est pas due à l’UE, ou aux rassemblements de pays européens précédents, d’ailleurs la seule guerre européenne au Kosovo a été réglée par les USA, mais à l’équilibre de la terreur des armes nucléaires jusqu’à l’effondrement de l’URSS et par l’impossibilité pour la Russie de 1998 à 2012 de faire valoir sa puissance militaire et économique. On peut dire que depuis la Russie compte comme grande puissance militaire et l’affrontement avec l’OTAN a recommencé mais pour l’instant hors de France. Récemment Trump privilégie la guerre économique avec des succès intérieurs jamais connus dans ce pays. La Russie se barricade pour résister à la pression de l’OTAN et de l’UE sur tous les pays de l’ancien bloc soviétique, et se tourne vers la Chine pour des raisons économiques et stratégiques. Cet immense pays continue la politique ancestrale d’accès aux mers du Sud et ne lâchera pas la Syrie. Dans toute cette évolution l’UE a été inexistante, seuls la France et le Royaume-Uni se sont significativement engagés militairement aux côtés des Etats-Unis. 
Le slogan « l’Union fait la force » de l’UE a fait chou blanc sur le plan de la défense et de l’impact diplomatique. Alors peut-on dire que sur le plan économique l’UE a donné à la France un avantage significatif par rapport aux autres pays du monde, en particulier les 36 pays de l’OCDE ? Le graphique ci-contre donne la croissance moyenne annuelle du PIB/habitant de 2003 à 2017 par rapport à celle de l’OCDE et le PIB/habitant de 2017. La croissance annuelle du PIB/habitant pour l’OCDE sur cette période a été de 3,32% selon ses statistiques. On note immédiatement que si l’UE a offert globalement un certain avantage par rapport à la moyenne de l’OCDE, ce n’est pas le cas pour la zone euro, dont le résultat est moins que neutre. Mais on note que tous les pays de la zone sud ont pâti de leur présence dans l’UE. La politique ultralibérale impulsée par l’UE et copiée sur les Etats-Unis les a défavorisés plus ou moins. Les Etats-Unis ont été les premiers à en pâtir et on comprend la raison de l’élection de Trump par la majeure partie de ce pays qui s’appauvrissait d’année en année malgré le déversement de milliers de milliards de dollars dans le circuit financier. On comprend aussi le départ du Royaume-Uni que même la Livre Sterling, pratiquement bloquée au dollar jusqu’en 2016, n’empêchait pas sa descente relative par rapport aux autres pays. La dévaluation de son Franc Suisse fait désormais repartir son économie comme nous le verrons plus loin.
Force est de constater que la France fait partie des pays qui reculent par rapport à l’ensemble des pays de l’OCDE. Si l’UE a été bonne pour l’Allemagne, on peut constater que cela s’est fait au détriment des pays du Sud. Notons que dans les 185 pays du monde, l’UE est une alliance d’exception. Peut-on dire que les autres pays ne peuvent survivre sans ce type de démarche ? Elle est catégoriquement refusée par les pays de l’Asie du Sud-Est. Ce n’est pas la Corée du Nord et la Nouvelle-Zélande qui diront le contraire, ni l’Islande qui a refusé l’UE, ni la Norvège qui se tient à l’écart, ni la Suisse qui caracole en tête des pays les plus riches et s’est payé le luxe de dévaluer sa monnaie récemment pour adapter sa compétitivité. Alors voyez-vous on a le droit de rêver à la force d’une union donnant à notre pays une dynamique supplémentaire, mais force est justement de constater que l’aventure européenne de la France a été pour elle un handicap, un boulet au pied de sa compétitivité. Mais si l’on regarde plus précisément notre pays au sein de l’Europe, quel constat pouvons-nous faire sur sa croissance et sur le chômage ?


Les deux graphiques ci-dessus collent au plus près de la réalité des chiffres publiés par l’Union Européenne. La France occupe la dernière place dans le classement des pays de l’UE pour sa croissance du deuxième trimestre 2018, et la quatrième place en valeur du taux de chômage, derrière les pays malades du Sud, Grèce, Espagne et Italie. On voit que ce n’est pas le cas du Royaume-Uni dont beaucoup d’entre nous souhaitent l’échec pour essayer de montrer l’intérêt de l’UE. Ce pays repart après l’inévitable premier recul économique dû à la dévaluation de 15% de la Livre. Il reconstruit un espace économique moins lié à l’UE mais les pays comme les Pays-Bas, le Danemark ont tout intérêt à trouver une solution à l’amiable dans les accords commerciaux avant le Brexit. Macron a œuvré pour un Brexit dur, la position britannique va donc se durcir et la menace déjà susurrée du refus de paiement des 40 milliards de contribution au budget 2017-2022 de l’UE pour les années 2020 à 2022 vont tempérer les ardeurs belliqueuses de celle-ci. 
Ceux qui comptent sur l’effondrement du Royaume-Uni pour justifier l’intérêt de l’UE en seront pour leurs frais. Même le Président de la Banque d’Angleterre, qui avait prévu pis que pendre pour le choix du Brexit, a reconnu que la catastrophe n’aurait pas lieu. Mais il n’en reste pas moins que c’est la France qui s’enfonce en suivant les traces de la politique allemande qui inspire l’UE. En toutes choses, c’est la relativité qui compte au moment des choix. Ce choix est-il relativement meilleur qu’un autre ? Reste le guide pour choisir. Or objectivement l’UE ne réussit pas à la France. Si l’on sort de l’idéologie, celle de celui qui se sent citoyen du monde, la question sur les bienfaits dus à l’UE dans des secteurs où nous n’aurions pu agir seul, ne trouve pas de réponse concrète en dehors de rêves, d’illusions propagées par presque tous les partis français. Ces derniers n’ont pas envie d’ouvrir la boîte de Pandore, celle d’un matraquage des esprits depuis plus de vingt ans qui rend difficile le fait de montrer la réalité, surtout quand on a milité pour cette aventure.
C’est cet enfumage, du type « Si cela ne va pas bien c’est qu’il faut plus d’Europe », ou « Nous allons faire bouger les traités », ou « C’est qu’il manque une volonté politique d’aller plus avant », « On va mettre un coup d’arrêt à l’UE ». Non les traités ne peuvent évoluer qu’à l’unanimité des pays membres et celle-ci n’existe plus. Tout cela n’aboutira, bon mal an, qu’à la poursuite de la descente actuelle où l’Allemagne continuera à piller ce qui reste des économies des pays du Sud, où l’OTAN nous dressera contre la Russie, et poussera l’UE à annexer de nouveaux pays après y avoir mis l’OTAN. L’Ukraine est dans le collimateur avec, la Géorgie, la Bosnie-Herzégovine, la Macédoine, l’Albanie, et la Moldavie, le pays le plus pauvre d’Europe. Déjà ingouvernable l’UE éclatera par boulimie et les pays avec, donnant l’occasion de reconstruire une Europe des Régions beaucoup plus malléable par les puissances de l’argent, les Etats-Unis et le Pangermanisme allemand. L’alliance type UE est déjà du passé et le nouveau monde se construit à l’Est avec les BRICS et ces mastodontes que sont la Chine, la Russie, l’Inde et bientôt l’Iran, qui font même lorgner vers eux leur ennemi, le Japon inféodé aux Etats-Unis. Macron défend l’ancien monde !

Il est temps de repenser la France en dehors de l’UE. 
Tous les rêves seront de nouveau permis.
Les traités bilatéraux ou multilatéraux 
Peuvent lier les nations partout
Et en particulier en Europe 
Dans l’esprit des BRICS
Qui vont développer 
Le nouveau monde.
 
Claude Trouvé 
23/09/18

Dégrader le système social pour combler le déficit ? (2ème partie)

La France va mal et la politique actuelle ne nous mène qu’au désastre. La chasse aux taxes et dépenses sociales est lancée et va continuer de plus belle. Pourquoi ? Parce que les perspectives de croissance sont en berne. La Banque de France vient d’estimer la croissance de 2008 à 1,6% au lieu des 1,7% réajustés par Bruno Lemaire sur un projet budgétaire à 2%, lui-même réajusté et voté à 1,9%. Le Ministre des finances annonce d’ores et déjà que le déficit budgétaire prévu à 2,3%/PIB ne va pas être tenu, mais être probablement à 2,6% comme en 2017. Les raisons en sont la baisse de la croissance de 0,3% et le paiement de la dette de la SNCF réseau. Du coup l’objectif d’une dette à 96,4% du PIB en 2018, avant une baisse progressive jusqu'à 89,2% en 2022, ne sera pas réalisé non plus puisque, selon l'Insee, la dette publique de la France, fruit de l'accumulation des déficits au fil des ans, s'est établie à 2.255,3 milliards d'euros au premier trimestre 2018, pour atteindre 97,6% du PIB.

Le gouvernement a fait preuve d’un manque de vision de la marche de l’économie et n’a pas tenu compte de la fin du déversement de liquidités par la BCE, les fameux QE, qui boostaient artificiellement la croissance, la croissance naturelle réelle étant plus proche de 0,5% sans ceux-ci. Le manque de compétitivité, due pour la plus grande part à un euro trop cher pour notre économie, et notre politique économique à rebours de celle des Etats-Unis nous conduisent à la catastrophe. La politique d’austérité paralyse le pays et finit par agir sur la consommation. Les prestations sociales deviennent la cible facile puisque les dépenses sociales représentent 56,4% des dépenses publiques. Edouard Philippe s’attaque à trois prestations sociales - "l'aide personnalisée au logement, les allocations familiales, les pensions de retraite" - "progresseront de façon plus modérée, de 0,3 % par an en 2019 et en 2020 ". Avec une inflation à 2%, ceci représente une recette non négligeable, mais autant de pouvoir d’achat en moins. 

Il a en outre assuré que "la prime d'activité, le minimum vieillesse, l'allocation pour les adultes handicapés" augmenteraient, quant à eux, "très significativement", conformément aux promesses de campagne du président Emmanuel Macron. En somme la politique socio-économique se résume à quelques aides non chiffrées, donc probablement misérables, pour les plus démunis, une pression fiscale accrue en particulier pour les retraités, les familles et les classes moyennes, et des cadeaux substantiels aux plus riches et aux grandes entreprises. La suppression des cotisations salariales sur les heures supplémentaires va encourager les entreprises à y pousser les salariés grâce à un gain moyen de 17 euros/mois pour un smicard ! Cette mesure va coûter 2 milliards pour un coup de pouce aux entreprises bien en-dessous du gain de compétitivité à réaliser pour relancer l’économie. Toutefois le premier impact sera sur un chômage accru par la baisse des embauches.


Les dépenses sociales publiques sont dans le collimateur et représentent l’essentiel des dépenses publiques avec 31,55%/PIB alors que les dépenses publiques totales émargent à 56,4% du PIB. Les deux graphiques montrent que la France est en tête des pays occidentaux en pourcentage de dépenses/PIB mais pas en dépenses par habitant comme pour l’ensemble des dépenses publiques où elle est au huitième rang. Elle y est dépassée par les pays nordiques, Norvège, Danemark, Finlande et Suède, mais aussi par l’Autriche et la Belgique, le Luxembourg étant un cas particulier de pays à très fort PIB/habitant. Elle devance pourtant la Suisse et l’Allemagne.


Non la France n’a pas à rougir de ses dépenses sociales/habitant et celles-ci n’ont aucune raison d’être la cible de coupes sombres de la part du gouvernement dans l’optique de rejoindre l’Allemagne sur ce point au détriment de la qualité du système social de notre pays. On peut même dire qu’elle pourrait faire mieux comme les pays nordiques. S’il y a des économies à faire, en dehors de l’amélioration de la gestion des prestations sociales, ce n’est pas ce secteur qui doit être visé. D’ailleurs on peut faire la même remarque pour les dépenses publiques par habitant comme nous l’avons vu dans le précédent article sur ce sujet. La raison est que la France manque de croissance de son PIB par rapport à son nombre d’habitants, c’est là son véritable handicap. Ceci veut dire que l’austérité, appliquée sur les dépenses publiques en général et sociales en particulier, ne peut avoir que des effets pervers sur la santé des citoyens, leur pouvoir d’achat donc la consommation, le chômage, la qualité des services rendus tant dans la sécurité, que dans la justice, l’Education, la culture, le sport, les infrastructures, etc.
 
C’est exactement ce vers quoi Macron et l’UE nous mènent et on a vu que le transfert de l’argent du peuple vers les entreprises, comme les 40 milliards qui devaient produire 1 million d’emplois et qui se sont évaporés dans la nature… des paradis fiscaux, n’a servi à rien. La France continue à reculer par rapport à la moyenne des pays de l’UE. En fait nous sommes engagés dans un processus de dévaluation interne mortifère d’une efficacité trop faible et destructrice de nos richesses incapable de redonner à notre pays la compétitivité qui lui fait défaut. Donc seule la récupération de notre monnaie et une dévaluation, comme vient de le faire la Suisse, peuvent nous redonner une balance du commerce extérieur excédentaire ou équilibrée, grâce à une efficace relance de notre économie. Comme l’a compris Trump, la libre circulation des capitaux doit cesser et la maîtrise douanière s’appliquer intelligemment produit par produit. Alors, ceci acquit, l’impôt tue l’impôt et le creusement temporaire du déficit budgétaire doit être accepté. L’homéopathie actuelle n’a aucune chance de donner des résultats, c’est d’un acte chirurgical dont la France a besoin.

L’austérité à la grecque sous ordonnance allemande profite à cette dernière mais pille notre richesse et la France n’arrive même plus à enrayer le déficit sans pour autant relancer l’économie en dehors des facteurs exogènes fluctuants. En dehors de la lutte au gaspillage, dans laquelle on pourrait mettre le plan inutile des énergies renouvelables et ses aides financières afférentes, et de la recherche de l’excellence de la gestion des deniers publics, la contraction des dépenses publiques, et en particulier sociales, est une aberration économique car l’urgence est ailleurs. Malheureusement notre route est tracée par une UE germano-américaine qui décide pour des intérêts qui ne sont pas les nôtres. Toutefois ceci n’empêche pas de gérer au mieux les deniers publics et à ce propos le graphique ci-dessus montre que la France pourrait faire des efforts dans la gestion des prestations sociales, au moins au niveau de notre voisine la Belgique, qui est aussi un pays à prestations sociales publiques élevées. Se remettre simplement au niveau de dépenses de gestion de ce pays aurait gagné 1,1 milliards en 2016 sur les dépenses sociales publiques. Voilà de saines économies possibles sans dégrader le service aux citoyens. Un audit privé sous contrôle de la Cour des Comptes serait le bienvenu au lieu de réduire les APL de 400 millions ou de baisser les allocations familiales. Mais il reste à regarder la répartition des dépenses publiques entre les administrations publiques et les dépenses sociales. Cela fera l’objet de prochains articles.


L’austérité pratiquée à la grecque mène à la Grèce. 

La France n’a pas que le tourisme pour revivre.

Elle a des atouts qui s’étiolent peu à peu 

Dans une politique socio-économique

Qui pille ses richesses au profit 

Des puissances de l’argent

D’une seule hégémonie 

Germano-américaine.
 
Claude Trouvé 
22/09/18

mercredi 24 octobre 2018

La désinformation sur la production électrique

Le premier but de ce blog est de fournir aux lecteurs une autre vision des évènements de politique intérieure et extérieure que celle de la grande majorité des médias qui ont jusqu’à présent promu Macron à la Présidence et ont relayé son action auprès de l’opinion publique. Cet ensemble d’instruments de propagande auquel vient s’ajouter petit à petit des restrictions de publication et le droit autoproclamé par certains médias de leur capacité à nous indiquer les vraies et les fausses nouvelles. Ce droit de décoder l’information ne peut en aucun cas détenir la vérité en particulier sur des opinions basées sur des faits. Les faits sont eux-mêmes sujets à caution, le meilleur exemple est le 11 septembre 2001 aux Etats-Unis où la vérité est remise en cause par des représentants du pouvoir législatif et par Donald Trump lui-même. « Vérité en deçà des Pyrénées et erreur au-delà. » 
                                                                                      
A ce propos certains ont pu constater des informations faussées dans la présentation de graphiques de sondage sur CNews et BFM TV. Les chiffres annoncés relatant des sondages n’étaient pas en accord avec leur représentation graphique. Pour compléter votre information et aller dans le sens de la dénonciation d’une telle pratique, je vous présente ci-dessous une autre forme de présentation mensongère de l’information par l’organisme de transport de l’électricité en France, RTE, dont les informations sont considérées comme officielles. Pour les personnes voulant avoir rapidement une idée de la répartition des sources d’énergie électrique, RTE publie un bilan annuel contenant des commentaires sur les évènements remarquables dans ce domaine. Ils sont regroupés dans une synthèse suivie d’un tableau imagé contenant l’essentiel d’une vision globale du système électrique. Le dernier bilan de l’année 2017 est présenté ci-dessous et facilement consultable sur le site RTE.


Les commentaires adjoints font grand cas du développement des énergies renouvelables mais si vous prenez la peine de faire l’addition des chiffres des différentes énergies du tableau vous ne retrouvez pas la valeur de la production totale donnée ici pour 529,4 TWh et il s’en faut de beaucoup car la production thermique a été volontairement effacée. La présentation non faussée est celle du tableau ci-dessous :



Néanmoins si vous êtes plus curieux vous pourrez trouver une animation donnant les représentations graphiques par camembert de la part des différentes énergies. Vous trouverez ci-contre la représentation du bilan 2017, juste cette fois. Mais cette représentation offre une image très fugitive par déroulement automatique des années 2012 à 2017. Ceci entraîne deux remarques importantes. L’accent est mis sur les énergies renouvelables, EnRia, produisant d’ailleurs presque deux fois moins d’électricité que l’énergie thermique, mais on a honte de présenter cette réalité et on masque « l’énergie impure ». Il y a donc notoirement de la part de RTE une intention de masquer la vérité.


Toutefois on aimerait trouver facilement le résultat de l’effort financier conséquent fait sur les EnRia, c’est-à-dire la diminution du CO2 émis par kWh en regard de l’augmentation de la puissance installée des EnRia ou de leur production en TWh. Les commentaires du bilan annuel sur cet objectif, le seul justifiant réellement la production par les EnRia puisque nous sommes autosuffisants en électricité et même exportateur net, sont curieusement absents et vous aurez du mal à les trouver dans les chiffres publiés par RTE. Les voici :



Les chiffres et les courbes parlent d’eux-mêmes. Dans cette période où la puissance électrique installée a été multipliée par plus de 3, le gain sur la valeur des kgCO2/MWh n’est pas prouvé et le tonnage émis a plutôt tendance à augmenter. On comprend alors pourquoi RTE n’en fait pas étalage. J’accuse donc RTE de publication fausse dans sa représentation imagée et de mensonge par omission sur deux données sensibles : la production thermique à combustible fossile et la production de CO2 de notre système énergétique. En effet au vu de ces chiffres les citoyens sont en droit de se poser la question suivante : A quoi sert le développement des EnRia qui coûte si cher sur notre facture électrique et en subventions à l’Etat ?


« Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire ». En réalité la réponse est dans l’étude des productions électriques françaises, allemandes et belges. Elle montre que plus la puissance des énergies renouvelables est importante plus la production de CO2 croît. L’intermittence aléatoire des EnRia demande le complément des énergies pilotables dont principalement l’énergie thermique à combustible fossile. En Allemagne la constance du niveau de CO2 n’est due qu’au remplacement de centrales thermiques au lignite par des centrales au gaz. Une visite dans la région de Leipzig permet de juger de la proximité des fermes d’éoliennes avec les centrales thermiques, de la mauvaise qualité de l’air, et de la réouverture de l’exploitation des mines de lignite. La récente expulsion d’une manifestation écologique contre l’extension d’une centrale thermique au charbon sur un domaine forestier montre toute l’ambiguïté du choix écologique allemand. 

Je parle souvent de la contribution nette de la France au budget européen à hauteur de 9 milliards, mais ce sont des dizaines de milliards que la France engage dans le plan énergétique pour les EnRia. Le coût de notre kWh est en train de rattraper le coût allemand et danois. Nous subissons dans ce domaine l’influence de l’UE par l’Allemagne et de puissants lobbies. Si l’on parle des économies par la sortie de l’UE, on ne peut pas ignorer l’importance financière des choix énergétiques. Or le prix de l’électricité française ne cesse d’augmenter et cela à un rythme qui dépasse largement l’inflation. En moyenne le prix du kWh augmente de 5 c€/an soit 10,5% depuis 2013 et le prix TTC de 40% depuis 2005.

Comme cette augmentation dépasse largement l’inflation, il faut bien admettre que le fait marquant est l’introduction des énergies renouvelables. Le graphique ci-contre montre pour les principaux pays engagés dans les énergies renouvelables que le prix du kWh est lié à celles-ci. En gros 10% de plus d’énergie renouvelable entraîne une augmentation du prix TTC de 7,6 c€ soit pour la France +22,4% par rapport à 2016. Il faut noter que l’on met sous le nom EnR toutes les énergies non fossiles dont l’hydroélectricité, la biomasse et les déchets. L’apport de l’hydroélectricité et du nucléaire abaisse le prix du kWh, ce qui est le cas de la France. De plus la référence à la consommation est trompeuse car elle gomme les différences entre les pays exportateurs comme la France et l’Allemagne et les importateurs. Le prix élevé du kWh en Allemagne montre que ce pays fait payer plus que les autres sa transition énergétique et que dans ses EnR elle a recours à la biomasse et aux déchets pour 7,8% de sa production soit plus que le pourcentage d’EnRia en France. 

On constate de plus que notre gouvernement se garde bien d’informer du coût réel de la course aux énergies solaire et éolienne, EnRia, comme elle le fait pour cacher l’incapacité de diminuer le CO2 émis par les EnRia. Le seul moyen, utilisé par l’Allemagne est de passer des centrales à charbon à celles au gaz. Mais la politique énergétique française essaie de se calquer sur la politique allemande qui donne le ton pour l’Europe. Or la configuration de nos moyens de production est totalement différente comme le montre le graphique ci-contre. L’hydroélectricité et le nucléaire représentent 81,7% de la production française pour 14,8% en Allemagne pour 2017. L’Allemagne possède un volant d’énergie thermique pilotable et peut donc encaisser facilement les variations intermittentes et aléatoires des EnRia. Par ailleurs elle peut justifier l’éolien et le solaire par sa lutte contre la pollution. Ces raisons sont loin d’être aussi pressantes en France qui est très largement en-dessous des émissions polluantes allemandes et parmi les meilleurs pays en produisant moins de 1% du CO2 émis dans le monde.

Pour terminer je ne peux que redire que la politique énergétique est basée sur la décarbonisation dont l’origine est liée à la peur du réchauffement climatique, peur qui devient une hantise particulièrement en France avec des leaders charismatiques comme Hulot et des relais médiatiques puissants comme le titre tonitruant « Le SOS des 700 scientifiques » publié par Libération. Le texte est un déluge de catastrophes basé sur la compilation d’évènements météorologiques. Il s’ensuit une logorrhée de la part d’illuminés dans les médias qui confondent climatologie et météorologie. Le principe à cliquet est d’ailleurs le suivant : les extrêmes en été sont dus au réchauffement, et en hiver à la météo. Alors, quitte à prêcher dans le désert, je vous livre le dernier résultat publié sur l’évolution des températures jusqu’en août 2018 dans lequel on perçoit la fin de l’influence du courant marin El niño et qui montre la stabilisation des températures depuis 1998. 
Evidemment ce graphique, qui donne les meilleures mesures dont nous disposons, n’est pas communiqué, ni expliqué aux oies que l’on gave, que l’on décervelle, que l’on effraie au point de leur enlever tout doute sur l’imminence des catastrophes et sur la nécessité pour l’homme de diriger la nature, comme si cela était possible face au soleil dont les multiples cycles ont donné des variations des températures bien plus grandes que celles observées sur le siècle dernier et avant tout apport humain.

On lit pourtant : « Nous sommes d’ores et déjà pleinement entrés dans le « futur climatique ». Hausse des températures moyennes et récurrence des chaleurs extrêmes, y compris dans le nord de notre hémisphère tout cet été, fonte des glaciers et de la banquise, sécheresses, modification de l’aire de distribution de certains animaux et espèces végétales, destruction d’écosystèmes rares et précieux, hausse du niveau de la mer, désoxygénation et acidification des océans, etc. : les manifestations concrètes du changement climatique ne cessent de s’accumuler. Quant au futur, les projections d’impact sur les milieux, les espèces et les humains sont systématiquement revues à la hausse au fur et à mesure des nouvelles connaissances. » 

Ceci a évidemment des conséquences directes sur notre politique énergétique. La France est plus vulnérable que d’autres pays parce qu’elle adore les grands défis, les grandes idées au contraire du monde anglo-saxon plus pragmatique. Pour donner justement une vision plus réaliste, il est bon de lire la réflexion britannique sur le sujet. « Notre politique énergétique vise un " triple objectif d’une énergie sûre, respectueuse de l’environnement et d’un coût le plus raisonnable possible. La nature   du bénéficiaire de cette politique ne fait aucun doute au Royaume-Uni : il ne peut s’agir que de la collectivité nationale. Les intérêts de celle-ci sont défendus par les gouvernements successifs avec une continuité et une détermination remarquable qui expliquent sans doute la cohérence de la politique énergétique britannique dont l’Europe a souvent tenté de reproduire des modalités mais sans en avoir suffisamment compris les raisons profondes, parfois spécifiquement britanniques elles aussi." » On est loin d’une phraséologie dithyrambique comme « Il faut sauver la planète ! », objectif numéro 1 chez nous.
 
La désinformation, le « décervelage » font rage avec le climat. 

La mobilisation des peuples derrière des gourous

Prépare la mise en camisole de force


D’une humanité qui est en passe


De s’autodétruire sciemment


Aux mains des puissants !

Claude Trouvé   
 10/09/18