samedi 15 décembre 2012

Social-démocratie à l’allemande ? Ou à la française ?

La Droite a eu chaud depuis la rentrée scolaire et gouvernementale. Ah ? Pourquoi ? Le gouvernement n’en finissait pas de se jeter dans l’économie, la croissance, la nécessaire bonne santé des entreprises, leur allègement des charges sociales, le crédit d’impôt pour les entreprises. Un vrai gouvernement de droite qui se payait même le luxe de proclamer qu’il savait faire lui ce dont le précédent avait été incapable, tenir haut et fort le pari de la croissance et de la rigueur. Nom de diou !

Depuis que François Hollande avait commencé ses visites à l’étranger en commençant par la City de Londres, on pouvait même donner des leçons d’économie à l’Allemagne. D’ailleurs on pouvait aussi soutenir nos voisins espagnols et italiens dans le combat pour déserrer l’étreinte de Bruxelles, de la BCE et du FMI sur leur plan d’austérité en lançant le mot magique de croissance au nez et à la barbe d’une Angela Merkel qui brandissait piteusement une baisse de croissance à cause d’un déficit annuel proche de l’équilibre. La Droite était muette de dépit et n’avait trouvé, pour tenir les médias en haleine, qu’une querelle familiale qu’elle fait durer au grand désespoir de ses militants qui se demandent à quoi cette droite sert.

Le paysage médiatique ne nous offrait que des nouvelles faussement rassurantes du type « la crise est derrière nous » de François Hollande, l’économie américaine repart (avec un million de chômeurs en plus en deux mois), la Bourse est au plus haut (juste avant la fin de l’année pour encaisser le maximum de bonus) ou encore la France a un vrai gros problème : les embouteillages nous coûtent 5,5 milliards d’euros, essence consommée pour rien, heures de travail perdues ; cela représente 625 euros par conducteur. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’il y a encore des gens qui ont les moyens de se payer une voiture et de faire le plein ! Alors que 48% des Français redoutent de ne plus être en mesure de le faire d’ici quelques années.

Ce mardi, Jean-Marc Ayrault a donc dévoilé les grandes lignes d'un plan de lutte contre la pauvreté. D'ailleurs, le Premier ministre l'a souligné dans les premières minutes de son discours : "Il est parfois nécessaire de rappeler les évidences." D'où les chiffres chocs ("65% des embauches en 2011 sont des CDD de moins d'un mois"; "2,7 millions d'enfants pauvres, c'est inacceptable dans un pays riche comme le nôtre") et les vœux pieux ("on peut combattre la précarité si on estime que chaque citoyen a droit à sa propre place dans la société").

Avec une courbe de popularité toujours en berne, il était temps. Cette détermination soudaine, car au printemps il n’y avait pas de pauvres, est le sujet consensuel qui remue le cœur du citoyen et vous fait passer pour sœur Theresa. Ouf ! La pauvreté grandissante révélée par ceux qui la côtoient dans la rue, et confortée par les statistiques, vient de ramener la gauche à la raison et à la droite sa raison d’être. Comment combattre la pauvreté version Hollande/Ayrault ? Non pas en stimulant la création de richesses mais avec des aides, des aides et encore des aides. Des RSA bis, des revenus minimum jeunes, et autres. Décourager l'entrepreneuriat, stimuler le fonctionnariat et l'assistanat, c'est le modèle social-démocrate à la française qui sonne bon le socialisme d’antan.

L’important c’est donc l’annonce. On va distribuer 2,5 milliards d’allocations non financées d’ici 2017. On va mettre des jeunes auprès de vieux tuteurs dans les entreprises qui profiteront de l’effet d’aubaine aux frais du contribuable, quand elles le peuvent, c’est-à-dire quand elles ont encore un marché porteur. On va remettre des enseignants dans les écoles alors que le nombre d’élèves est en baisse comme les résultats scolaires et que le désintéressement pour cette profession diminue au point de n’avoir plus assez de candidats.

Décidément la Droite, la plus bête du monde, aurait du grain à moudre après ce tournant gouvernemental qui augmente la fiscalité tous azimuts,  alors que la croissance est en berne et que le chômage a produit 42.000 destructions d’emploi pendant les deux semaines où Arnaud Montebourg a fait la une pour les 630 emplois de Florange. Nous voilà retournés à la social-démocratie à la française si le mot démocratie a encore un sens dans l’UE.

On commence petit à petit à obtenir le portrait robot de ce à quoi devrait ressembler le bon Français version gouvernementale : quelqu'un qui ne gagne pas plus que 4000 euros par mois, qui est fonctionnaire, si possible enseignant, mais qui de toutes façons ne travaille pas dans le privé, qui a un livret A, qui partage la même vision du monde (un monde sans guerre où tout le monde s'aime, sans distinction de sexes, et où il n'y aurait plus de pollution).

Du coup, le choix est simple :

La France, tu l'aimes ou tu la quittes...

Il n'y a pas que Dieu qui part !

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

vendredi 14 décembre 2012

Un Budget 2013 fragile bâti sur la fiscalité aggravée

Le budget 2013 est en cours d’adoption à l’Assemblée après un refus du Sénat. Il ne fait guère de doute qu’il sera adopté après quelques rectifications mineures. Il a apparemment belle allure puisqu’il respecte les recommandations de la règle d’Or qui demande l’arrivée progressive à l’équilibre budgétaire avec un passage à 3% de déficit en 2013. Nous sommes évidemment très loin de la dette ramenée à 60% du PIB en 2020 puisque la dette au deuxième trimestre 2012 était déjà de 1832,6Mds soit 90,1% du PIB. De plus le déficit budgétaire annoncé en janvier par le Trésor public était de 78,9Mds pour l’année 2012 soit une dette prévue fin 2012 de 1795,7Mds que nous avons déjà dépassée de 36,7Mds ! La dernière réévaluation du déficit 2012 était de 83,6Mds mais avec un déficit accumulé en un semestre de 115,6Mds on est loin du compte !

Cet écart déjà accumulé doit être compensé par des emprunts qui, même à court terme et dans les conditions favorables actuelles, représentent environ 0,8Mds par an. Ceci montre la fragilité des prévisions puisqu’avec une dette de 90,1% à la fin du deuxième trimestre nous avons déjà dépassé l’objectif de 88,4% prévu au budget. De plus le budget 2013 et des années suivantes est basé sur des prévisions de croissance qui sont largement au-dessus des évaluations de l’UE et du FMI de 0,8% pour 2013 et 2,0% pour les années suivantes au lieu de 0,3% et 1,4% pour le FMI. Ceci se traduit par un impact direct sur les recettes fiscales.
On peut faire une évaluation de la variation des recettes et des dépenses selon les deux évaluations de croissance par la France et le FMI. Je prendrai l’hypothèse assez réaliste, basée sur les années récentes, d’une variation  de 0,39 milliard des recettes pour 1 milliard de variation du PIB soit environ une variation d'un peu moins de 2,88% des recettes pour une variation de 1% de la croissance. Le graphique ci-contre permet de constater que l’augmentation des recettes est beaucoup plus rapide que la diminution des dépenses dans les deux cas. Ceci confirme que l’effort pour retrouver l’équilibre budgétaire est essentiellement basé sur l’augmentation de la pression fiscale.
Par contre, selon les chiffres fournis dans la dernière prévision budgétaire, l’équilibre budgétaire serait acquis en 2015 selon la France, ce qui n’est pas le cas dans l’hypothèse prévisionnel du FMI. Il s’ensuit que la dette s’aggrave jusqu’en 2015 selon la prévision du FMI. L’écart total entre 2012 et 2015 entre les deux prévisions est de 44Mds
 et le rapport dette/PIB tangente les 90% du PIB en 2015, 90% qui sont le seuil fatidique auquel nous voulons échapper. Notons à nouveau que ce chiffre de 90% est déjà dépassé à mi-2012 et que les prévisions 2012 ne seront pas tenues aggravant la dette !
Cette estimation de l’impact d’une prévision de croissance trop optimiste doit être majorée des intérêts d’emprunt sur la différence de déficit entre les deux cas envisagés. Elle va surtout augmenter le poids des intérêts d’emprunt dans l’avenir. Mais il est une autre menace justement sur les intérêts d’emprunt. Dans la mesure où la France se trouverait incapable de tenir ses engagements, ce qui va déjà être le cas en 2012 puisque le déficit va être supérieur à celui prévu d’au moins 36,7 milliards et les 90% du PIB sont déjà dépassés, les agences de notation dégraderont encore notre note. Il s’ensuivra une augmentation des taux d’intérêt. Sur les 600Mds de financement (prêts arrivés à terme + charge de la dette) que la France va emprunter en 2013, une augmentation de 1% du taux d'intérêt induit 6Mds supplémentaires. Si l’on atteignait les 5% comme l’Italie, ce serait 30 milliards, soit 8Mds de plus que la diminution 2013 du déficit par rapport aux prévisions de 2012.
La France joue avec le feu dans une position fragile.
La fiscalité reste la pompe à financer le déficit,
La baisse des dépenses n’est pas significative,
Les grands investisseurs nous le feront payer cher.
Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

mercredi 12 décembre 2012

Que faire de la dette des Etats européens ?

Certains pensent que la dette est un mal endémique auquel on s’habitue. Depuis la crise certains se sont néanmoins inquiétés du déficit budgétaire et ont conjuré le mal par la sortie d’une Règle d’Or. Mais la réduction de la dette reste un Everest que l’on ne cherche pas à conquérir car l’hiver actuel est trop rude et on ne sait pas s’il y aura un été. Alors on se gargarise du rapport entre le déficit budgétaire et le Produit Intérieur Brut. Il s’agit d’une fraction, ayant un numérateur et un dénominateur. Donc quand le PIB augmente de la même proportion que le déficit, le rapport reste constant. Mais si le déficit augmente moins vite que le PIB le rapport diminue. CQFD
Désolé pour ce petit rappel élémentaire mais ceci veut dire que le déficit en valeur absolue, donc sonnante et trébuchante, peut augmenter tout en respectant le rapport sur lequel la France s’est engagée. C’est ainsi que le budget 2013 diminue le rapport de 4,5% à 3% sans que les dépenses diminuent significativement. C’est le petit jeu de camouflage dont raffole l’Etat qui lui permet de minimiser l’effort le plus pénible, celui de diminuer les dépenses publiques. Mais si le déficit ne diminue pas… la dette va augmenter.
Par ailleurs le PIB n’est qu’un instrument de réflexion pour les économistes et une simple formule mathématique. Elle a d’ailleurs la malignité de sommer des dépenses dont les dépenses publiques. Donc quand on dépense plus, on augmente le PIB et on diminue le rapport déficit/PIB. Ceci pour bien comprendre que tout cela mérite un œil exercé pour ne pas se laisser prendre.
Le seul chiffre qui compte en matière d’austérité c’est le déficit en comparaison du déficit de l’année précédente. Vous notez bien que ce chiffre n’est jamais mis en avant par les gouvernements car la dérive éclaterait au grand jour. Dépenses publiques budgétées et révisées en 2012 : 368,6 Mds, en 2013 : 374,6 Mds. L’Etat dépensera donc 6 Mds supplémentaires en 2013. Heureusement grâce à 28,3 Mds d’impôts et taxes supplémentaires, enfin grâce aux contribuables et aux sociétés, on compte réduire le déficit. Encore faudra-t-il que les recettes soient au rendez-vous car les dépenses elles le seront. Qui plus est , ceci était avant la nouvelle révision budgétaire qui vient d'être votée à l'Assemblée qui ouvre les vannes de l'aide de l'Etat tous azimuts... Nous en reparlerons.
Il est évident que l’Etat ne fait aucun effort réel pour diminuer son train de vie et que, comme dans une famille, pour l’enfant gâté les parents se serrent la ceinture. Malgré tout le compte en banque est dans le rouge et il faut emprunter, emprunter pour payer les emprunts arrivés à terme et pour en reprendre d’autres de la même valeur en les augmentant du nouveau déficit. La France, comme cette famille, vit à crédit. En augmentant les impôts et taxes, elle diminue la consommation des ménages, le bénéfice des entreprises, qui attirent moins les investisseurs, et la croissance. Moins de dépenses des ménages, moins d’investissement des entreprises et moins d’exportations c’est moins de PIB.
Tous les Etats européens sont endettés, et la plupart augmentent chaque année la dette. L’Allemagne pense toutefois pouvoir réaliser l’équilibre budgétaire en 2013. Les plus endettés sont les Etats du Sud et l’Irlande. La Grèce est incapable de rembourser sa dette et fait partiellement défaut. Elle remet cette perspective de défaut au goût du jour car plusieurs Etats sont menacés, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et de nouveau l’Italie dans l’actualité. Nous on se cache derrière eux.
Comment peut-on rembourser la dette ? Par quatre opérations : la fiscalité, l’inflation, la croissance et le défaut. Malheureusement la fiscalité est à son niveau le plus haut, en particulier en France. L’inflation est sous contrôle des banques centrales pour préserver le pouvoir d’achat. La croissance sera très faible ou récessive. Alors le défaut est-il si improbable ? N’oublions pas que l’UE est solidaire des malheurs des uns et des autres, la zone euro encore plus. Ce château de cartes ne tient que par temps calme et l’année 2013 nous annonce la tourmente malgré les efforts des uns et des autres pour nous endormir dans les fêtes de fin d’année. Attachez vos ceintures !
Le chômage va crever un plafond historique.
Les planches à billet vont continuer de tourner.
Les prévisions de croissance vont se révéler utopiques.
Les Etats vont penser qu’ils peuvent toujours emprunter à bon compte
…Avant que le ciel ne leur tombe sur la tête !
Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

mardi 11 décembre 2012

Un Prix Nobel de la Paix immérité

A l’heure du Prix Nobel de la Paix attribué à l’Europe,  prix obtenu sans gloire après deux tentatives avortées alors que la votante opposée à ce choix était absente, on peut se demander si ce prix a encore un sens. L’attribution à Yasser Arafat et à  Barack Obama mériterait bien des commentaires désabusés car l’un ne se déplaçait qu’armé et a programmé les attentats suicides, quant à l’autre ses forces armées sont présentes partout dans le monde où se déroulent des conflits ayant un impact sur la stratégie américaine. Jugez si ces récipiendaires respectent bien la volonté d’Alfred Nobel. Le prix Nobel de la Paix récompense « la personnalité ou la communauté ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ».
Tout cela ressemble parfois à une mascarade politique consistant à dorer ou redorer des blasons d’acteurs majeurs sans que la mission pacificatrice soit nécessaire. L’Europe était pacifiée entre les plus grandes nations quand De Gaulle a serré la main d’Adenauer. Par contre l’Europe s’est montrée impuissante ou désunie dans les conflits même régionaux comme les Balkans ou la Géorgie. Il est d’ailleurs cocasse que ce prix soit décerné par un comité nommé par le Parlement Norvégien, alors que la Norvège ne fait pas partie de l’Union Européenne ! Il est amusant aussi d’entendre un des fondateurs de l’UE, Jacques Delors, lancer des fleurs à la Norvège pour sa réussite économique et sociale quand nos pays du sud s’enfoncent dans la pauvreté et la réduction des prestations sociales !
Les politiques n’ont décidément honte de rien. Le Prix Nobel de la Paix a évidemment une grande portée politique et peu importe qu’il ne ressemble plus à rien sinon à un grand retentissement médiatique lorsque certains récipiendaires ne le méritent pas. L’Europe est au bord de l’implosion et les divergences entre les pays européens s’aggravent dans le contexte de crise. Alors je vous propose une candidate qui a fait réellement des actes de paix pour des milliers de vie. Il s’agit d’Irena Sendler, récemment décédée à 98 ans.

Elle demanda pendant la 2ème guerre mondiale à aller travailler dans le Ghetto de Varsovie, comme plombier, serrurier. Elle avait une motivation bien particulière. Elle connaissait les plans d'extremination des nazis envers les juifs, elle était allemande. Irena a caché des enfants dans le fond de sa boîte à outils qu'elle transportait à l'arrière de son véhicule ainsi qu'un grand sac ( pour les enfants plus grands). Elle avait aussi un chien à l'arrière qu'elle a entraîné à aboyer quand les soldats allemands la contrôlait à l'entrée et à la sortie du ghetto. Les soldats ne pouvaient rien contre le chien qui couvrait en fait le bruit que pouvaient faire les enfants.
  
Elle sauva 2500 enfants en les cachant ainsi. Elle fut arrêtée et les nazis lui brisèrent les jambes, les bras et la torturèrent très sévèrement. Irena garda  tous les noms des enfants qu'elle avait fait partir du Ghetto et garda ces noms dans une jarre en verre enterrée derrière un arbre au fond de son jardin derrière sa maison. Après la guerre, elle essaya de localiser tous les parents qui avaient pu survivre et tenta de réunir les familles; mais la plupart avaient été gazés. Les enfants qui avaient été sauvés ont été placés dans des familles d'accueil ou ont été adoptés. 
En 2007 elle a été proposée pour le prix Nobel de la Paix, mais n'a pas été retenue. Ce fut Al Gore, ce riche homme d’affaires qui fut primé pour son film sur le réchauffement de la planète et qui amplifie sa fortune grâce  à ses affaires dans l’économie verte. Par cet article je veux modestement rendre hommage à sa mémoire. J'espère que vous ferez de même en faisant suivre ce message … parce que :

« La paix est à l’ombre des sabres. »
Proverbe arabe

« Si tu veux la paix, prépare la guerre »
Ma devise à l’Armée

« La paix est l’histoire des sages,
La guerre est l’histoire des hommes. »
Richard Burton

« La paix du monde n’est pas pour demain,
C’est le rêve suspendu d’aujourd’hui »
Jacques Ouvert

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

lundi 10 décembre 2012

Un monde dominé par la peur

La peur s’insinue dans tous nos comportements, elle est un instrument de domination aux mains des puissants et prend une dimension mondiale. Le plus bel exemple en est le changement climatique, peur onusienne, qui mobilise l’économie de la planète entière. On peut aussi se souvenir de la grippe aviaire, montage éhonté de l’OMS, piège dans lequel Roselyne Bachelot est tombée. On peut parler également de l’Europe, vendue aux peuples avec la peur d’une troisième guerre mondiale, alors que depuis que De Gaulle et Adenauer s’étaient donné la main, la hache des guerres précédentes était enterrée. Par contre l’Europe a été incapable de gérer les conflits des Balkans, laissant aux Etats-Unis le soin d’imposer un nouveau découpage des territoires.
Parlons aussi de ce mouvement écologiste dont le fondement principal était la position antinucléaire avant d’y adjoindre le réchauffement climatique. Ce mouvement mondial a trouvé d’abord dans les pétroliers, qui craignaient la concurrence du nucléaire, les fonds nécessaires à leurs actions puis se voit conforté par tous les lobbies qui cherchent dans le développement des énergies renouvelables une immense source de profits. Comment ces mouvements opèrent-ils ? Par la peur, peur de l’atome, peur de voir l’environnement changer, peur de l’inconnu.
Mais la peur envahit aussi la politique plus proche de nous. On a peur de dire la vérité aux français, celle que la France joue ses dernières cartes avant l’entrée dans le cycle infernal comme la Grèce, l’Espagne et bientôt l’Italie. On prend n’importe quelle nouvelle moins pessimiste pour en faire le signe de la renaissance, ou tout-au-moins de son début, et occulter tous ceux infiniment plus nombreux qui sont révélateurs de notre déclin. Chacun sait pourtant qu’une hirondelle ne fait pas le printemps.
Mais la peur est aussi dans le concert européen où les dirigeants ont peur de refonder une Europe viable, conforme aux désirs profonds des peuples. L’Europe se meurt mais la peur des lobbies américains, qui veulent d’une Europe, nain politique mais béquille économique de leur monde occidental, bloque toute volonté politique de sortir du cadre européen actuel, ni zone de libre-échange, ni Europe fédérale dotée des pouvoirs régaliens. Les technocrates bruxellois ont peur de perdre les immenses avantages de leurs fonctions, les politiques d’affronter leurs opinions publiques, les deux s’entendent pour bloquer l’expression de la démocratie.
Mais la peur profite à certains et la faiblesse des Etats croît avec la faiblesse de leur argent. Des puissances économiques et financières ont désormais des poids tels qu’ils peuvent dicter leur loi aux Etats. C’est le cas du Nouvel Ordre Mondial qui est présent dans tous les sujets que nous venons d’invoquer. Prenons le cas du changement climatique. A qui profite le crime comme diraient les policiers ? Pourquoi la fortune d’Al Gore, homme déjà riche, croit dans des proportions grandioses depuis qu’il est devenu le chantre de cette peur ?
Propager la peur et la gérer pour son profit est devenu le moyen privilégié des puissants qui rêvent de dominer le monde. C’est ainsi qu'à propos de la réduction des gaz à effet de serre on inonde celui-ci de vérités dites scientifiques, basées sur des informations indubitables mais trop parcellaires, pour faire des dogmes à appliquer par les Etats à partir de projections alarmistes sur le siècle à venir. Tout scientifique honnête sait que ce type de projection sur le changement climatique, lié aux hypothèses contestables de base, est tout au plus une base de réflexion mais que la réalité du futur ne la corrobore au mieux que sur une courte période.
Pour ces manipulateurs des peuples et des Etats, seule compte la mobilisation du capital. Ecoutons le discours officiel onusien à la botte des puissants : « Le financement de la lutte contre les changements climatiques est l'un des aspects les plus importants des efforts déployés à l'échelle mondiale pour faire face au défi des changements climatiques. C'est un catalyseur essentiel des efforts menés dans les pays en développement pour renforcer leur capacité de résistance aux changements climatiques, limiter les émissions de gaz à effet de serre et soutenir le passage à un développement durable. Un financement effectué en temps voulu peut également renforcer la confiance entre pays et encourager des progrès dans les négociations en cours dans le contexte de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CNUCC). »
Quand on en arrive là le tour est joué et tous les scientifiques de très haut niveau qui contestent la vérité de la cause, devenue dogme, sont priés de s’occuper d’autre chose, aucun crédit d’étude ne leur est accordé, leurs publications sont étouffées, immédiatement discréditées et leur droit de réponse rendu inaudible. C’est pourquoi, dans ce contexte, je garde non seulement une méfiance sur les causalités réelles des observations actuelles mais le sentiment que nous engageons l’avenir de nos économies sur des prévisions trop hasardeuses. Le maniement de la peur, le blocage de la contestation scientifique et l’engagement de sommes considérables au profit du monde économique et surtout des initiateurs, sont des raisons qui poussent à la plus grande défiance. Sachez que souvent lorsque l’on a un doute, le bon sens est le meilleur antidote au bourrage de crânes.
"2000 ans d'histoire humaine montrent que les périodes chaudes ont été bénéfiques pour les gens. Ce furent les pénibles et instables Ages Sombres et Petit Age de Glace qui ont apporté les plus grandes tempêtes, vagues de froid, famines et épidémies." (Dennis Avery)
Dans l’histoire de la terre il y a eu des ères glaciaires et plus chaudes où l’on trouvait des alligators dans le Spitzbergen. Plus récemment le Moyen-âge fut traversé par une période chaude et un petit âge glaciaire. L’homme, qui ne pouvait en être le responsable à cette époque, s’y est adapté et a survécu.
La peur est mauvaise conseillère et l’outil des puissants.
Sachons raison garder en ayant peur…
Des moutons de Panurge !
Claude Trouvé
Coordonnateur du MPF Languedoc-Roussillon

dimanche 9 décembre 2012

Un patrimoine de l’humanité en désespérance…

Le vent est frisquet et les dernières feuilles des platanes oscillent encore sur les rameaux déplumés sous un ciel immaculé. D’autres flottent sur l’eau tranquille du Canal du Midi au travers des ombres des arbres qui le bordent. Dans ce monde où les nouvelles, souvent mauvaises, s’entrechoquent sans nous laisser le temps de respirer, il nait de cet endroit une paix qu’égrène, en moments de silence, mon pas de promeneur du dimanche. Ce Canal est une beauté dont on ne se lasse pas avec ses courbes qui laissent au regard une frondaison sans fin. L’été, son ombrage offre sa fraîcheur aux passants et aux plaisanciers. Tous les pays du monde se croisent sur ses eaux calmes de l’Etang de Thau jusqu’à Toulouse. Du sentier qui le borde on décode les pavillons et l’anglais sert de passeport à de brefs échanges et des signes d’amitié. On a l’impression d’une paix universelle que l’on vient célébrer du bout du monde, d’Australie, de Nouvelle-Zélande, d’Ecosse, de Pologne, de Suisse, des Pays-Bas, de Russie, des Etats-Unis…
Des signes pourtant perturbent ma marche tranquille, ce sont ces points bleus, par un, par deux, par trois, qui sont peints sur les troncs. Je compte sans le vouloir les arbres marqués de ces points qui sont autant de condamnation de ces platanes dont je n’aperçois le faîte qu’en me tordant le cou en arrière. Depuis plusieurs années, les platanes du canal du Midi sont atteints par le chancre coloré, une maladie létale provoquée par un champignon microscopique, le Ceratocystis platani. Les premiers foyers ont été détectés en 2006. Le nombre de platanes infectés atteignant 83 en 2008 et 153 en 2009, des campagnes ponctuelles d'abattages ont été menées pour tenter d'enrayer la propagation, restées sans effet. De plus, il n'existe pas de traitement efficace contre le chancre. En 2011, 211 foyers et 1 338 arbres malades ont été identifiés. D'ici quinze à vingt ans, les 42 000 platanes du canal du Midi devraient être abattus et remplacés soit par d'autres essences (frênes, tilleuls) soit par une variété de platane résistante au parasite.

Le 7 décembre 19963, le canal et une zone tampon de 2.000 km² sont inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO. La même année, il est classé au titre de la loi française sur les grands sites. Ce classement est étendu aux rigoles de la plaine et de la montagne en 1996 et 2001. Il provoque très rapidement une augmetation de sa fréquentation touristique. Long de 241 km, le canal fut construit à la pelle et à la pioche de 1667 à 1683 sur les plans et la surveillance des travaux de l'architecte Paul Riquet. Ce chantier qui permit de relier la Garonne à la Méditerranée est considéré comme le plus grand chantier du XVIIème siècle par son ampleur et son audace.
Le canal est un patrimoine lourd à entretenir et à valoriser, car l'organisme gestionnaire des canaux français, les Voies navigables de France (VNF), est spécialisé dans la gestion et l'entretien des canaux français dans le cadre d'un marché économique et commercial, et non dans celui du marché touristique dans lequel se situe le canal du Midi. Son exploitation génère des retombées financières insuffisantes pour son entretien et demande l’intervention d’un financement complémentaire des collectivités locales.


Depuis six ans l’arrachage et la replantation des platanes est en discussion avec le Ministère de l’Ecologie et du Développement durable, qui traîne les pieds et des discordes entre les régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées retardent une action de grande ampleur. Un chercheur de l’INRA a découvert une espèce de platanes qui résiste au champignon et les arbres sont prêts, seule la volonté d’aboutir entre Etat et collectivités territoriales retarde le projet. Les bénévoles s’en mêlent et une exposition itinérante de photos du monde et du canal parcourt celui-ci de Sète à Toulouse avec l’appui de l’INRA pour sensibiliser la population et les élus des communes traversées (www.letransporteurdimage.fr). La péniche du « Transporteur d’images » est le dernier signe du français, défenseur du patrimoine, avant que l’UNESCO retire le Canal du Midi du patrimoine de l’humanité avec ce qui en fait son plus beau décor, les platanes.

On vient en France pour la beauté de ses paysages et de son patrimoine.
Des bâtisseurs, comme Paul Riquet, font l’admiration du monde entier.
Après les usines, laisserons-nous aussi mourir les joyaux de notre génie ?

Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

samedi 8 décembre 2012

Une jeunesse droguée pour occulter l’avenir

Une information en chasse une autre et la France tient au moins un pompon, celui de la consommation de cannabis avec de l’ordre de 4 millions de consommateurs. Ce fléau atteint toutes les couches de la société mais en particulier la jeunesse et les désespérés de la vie. 25% des jeunes sont au chômage, le nombre de chômeurs de catégorie A, sans aucun emploi, dépasse les 3 millions et nous allons dépasser les 5 millions de demandeurs d’emplois. Les jeunes issus de la classe moyenne essaient la drogue par mode, esprit de clan mais aussi par ce sentiment confus que leur avenir s’avère problématique. Les soirées avec pétard et alcool génèrent un nombre importants d’addictions. Les jeunes des classes défavorisées trouvent dans le marché de la drogue des moyens de subsistance, côtoient les milieux mafieux et sombrent souvent dans la délinquance.
Voilà quel est le triste tableau de la France d’aujourd’hui. Que fait l’Etat ? Il crée des salles de shoot, pour raison d’hygiène et de secours, et envisage de dépénaliser la consommation de cannabis (lire l'article ci-contre parue dans un journal de la gendarmerie). Les dernières études américaines et nouvelle-zélandaises montrent que l’appellation de drogue douce pour le cannabis est un leurre dangereux. Cette drogue atteint des zones du cerveau spécialisées dans la compréhension et la mémorisation. Chez les fumeurs de cannabis la détérioration du QI est de 3% en moyenne et peut atteindre 8%, suffisamment pour handicaper un étudiant ou un jeune en recherche d’emploi.
Selon le psychiatre Michel Reynaud, chef du département de psychiatrie et d'addictologie à l'hôpital universitaire Paul-Brousse, et coauteur de « Addiction au cannabis » : « Le tabac, le cannabis, l'héroïne et les autres drogues ont en commun de perturber le fonctionnement de récepteurs qui modulent la transmission dopaminergique. Ils agissent ainsi sur les voies de la récompense, de la gestion des émotions, de la motivation... » Un mode d'action qui, selon l'addictologue, explique la particulière vulnérabilité à ces produits dans l'adolescence et c’est justement ce triple mélange de consommation que pratiquent de nombreux jeunes dans leurs réunions.
Alors que la France veut dépénaliser la consommation de cannabis, les Pays-Bas, où fumer un « joint » dans un café a longtemps constitué une sorte de rite de passage pour les jeunes voyageurs venus d’Europe,  durcissent leur législation vis-à-vis des fumeurs étrangers. La plupart des célèbres « coffee shops », les cafés proposant à leur clientèle l’opportunité de fumer du cannabis, ne sont plus autorisés à vendre de l’herbe aux touristes. Pour l’instant, l’interdiction s’applique uniquement dans les provinces situées tout le long de la frontière sud des Pays-Bas, prisées des touristes en provenance de Belgique, de France et d’Allemagne. Cette mesure devrait toutefois être étendue à la capitale Amsterdam et à l’ensemble du pays dès le début de l’année prochaine.
Les overdoses sont dangereuses pour les adolescents et peuvent mettre en péril toute leur vie comme ce jeune étudiant, issu d’un très bon milieu, qui agresse une femme sous l’empire de la drogue et se retrouve en hôpital psychiatrique d’où ses parents n’arrivent plus à le sortir. Les drogues sont donc un véritable fléau et il ne faut pas se réjouir du fait que la consommation de cannabis semble avoir atteint son sommet car d’autres menaces se profilent avec les drogues de synthès.

150 nouveaux produits ont été répertoriés en quatre ans avec une accélération inquiétante : 41 substances psychoactives apparues pour la seule année 2010 ! Le développement de la logistique sur l’Internet (600 boutiques en ligne proposent aujourd’hui des « euphorisants légaux » et limagination créatrice des trafiquants qui mixent des produits licites avec des substances interdites ont potentialisé leurs effets. Il s’est ainsi créé une espèce de troisième marché, excessivement difficile à endiguer parce qu’extrêmement souple et adaptable à toute modification de la législation.

C’est donc à une véritable lutte contre la consommation et le trafic de drogue que doit se livrer la France et l’Europe. Aucune incitation à la consommation ne doit être délivrée. Une vraie campagne anti-drogue doit être lancée, il s’agit d’un combat national d’information, de persuasion. Il est devenu vital pour la jeunesse de notre pays. La lutte contre les trafiquants est nécessaire mais la pauvreté qui envahit nos banlieues est de plus en plus incitative à ce trafic lucratif. Seule l’information sur les risques encourus, exemples à l’appui, par tous les moyens à notre disposition est de nature à détourner la jeunesse de cet opium du peuple qui n’est qu’une herbe à nigauds.

« Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre
Ni de réussir pour persévérer ».

Claude Trouvé
Coordonnateur du MPF Languedoc-Roussillon