jeudi 26 avril 2018

Macron à la fois dictateur et vassal… joue avec le feu


Macron joue avec le feu et ce pourrait être le feu nucléaire. Après l’attaque des missiles du 14 avril sur la Syrie, la situation ne s’est nullement détendue. S’il semble probable que Trump ne veut pas la guerre, ce n’est pas le cas des forces militaro-industrielles et bancaires qui lui imposent sans cesse des concessions. Trump réagit à l’instinct du manager qui jauge ses adversaires et leurs atouts dans une joute verbale et gestuelle. La visite « cordiale » de Macron à Washington est très révélatrice de l’attitude feinte du protecteur Trump sur le vassal Macron. Trump n’a rien cédé sur la remise en cause de l’accord de Vienne en 2015. L’engagement de Macron sur un nouvel accord est une victoire à la Pyrrhus et un accroc à ses propres engagements de campagne. Il fera ce que Trump décidera et, en échange, ce dernier a fait de vagues promesses sur son maintien en Syrie, promesses que ne peut qu’approuver son gouvernement de l’ombre. Macron est le vassal parfait comme le lui a fait entendre Trump en le prenant par son côté de surestimation de lui-même comme s’il allait en faire le nouveau Président d’une Europe façon américaine.

Macron dictateur dans son pays, vassal des États-Unis, rêve de la marche supplémentaire vers l’Europe. Il a seulement oublié qu’après lui, c’est Angela Merkel qui sera l’invitée de Trump. Celui-ci a besoin de Macron, essentiellement pour notre siège au Conseil de Sécurité, son aval de la politique hégémonique américaine avec ce qui nous reste de prestige dans le monde, et nos forces d’intervention armée permettant aux États-Unis de privilégier pour eux-mêmes le soutien logistique et le renseignement, mais le vrai partenaire des États-Unis est depuis longtemps l’Allemagne. L’UE a été conçue et voulue par les États-Unis comme la nouvelle forme du rêve hitlérien, et ces fondements stratégiques, qu’a dénoncés De Gaulle, sont toujours d’actualité. Seule l’Allemagne doit être ménagée et le lien de vassalité est plus proche du partenariat. L’Allemagne n’est pas preneuse de la remise en cause de l’accord sur l’Iran, et il va falloir la convaincre. Elle cèdera mais pas sans une réelle compensation, il sera sans doute question des exemptions possibles concernant les taxes douanières sur l’acier et l’aluminium. Ce sujet est l’exemple type de ce qui sépare ces deux pays, le libéralisme mondial pour Merkel, et le libéralisme contraint pour Trump. Le triptyque occidental repose néanmoins sur les États-Unis et deux partenaires exigeants, plus ou moins autonomes, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Les autres tournent autour, France comprise. 

Je ne ferai pas l’affront à Macron de ne pas le savoir, mais sa préoccupation première est la satisfaction de ses ambitions et il compte bien établir une monarchie républicaine où la démocratie est petit à petit réduite à sa plus simple expression. Les ordonnances poursuivies le plus longtemps possible ont été le premier signal de cette destruction programmée. D’ailleurs les tentatives de passage en force se multiplient et le sentiment que les députés de la majorité ne sont que des godillots est de plus en plus ressentie même au sein des LREM. Les discussions sur la base d’objectifs intangibles est une mascarade, comme la fin de non-recevoir des revendications étudiantes de Macron qui les renvoie à la préparation de leurs examens pour lesquels il n’y aura pas de faveur spéciale. Mais l’attitude dictatoriale de Macron perce dans les discussions internationales. La volte-face sur l’accord avec l’Iran faite devant Trump, sans avoir consulté aucun de nos partenaires européens, fait suite à sa visite impromptue en Europe de l’Est pour résoudre seul le problème des travailleurs détachés.

Nous entrons dans une phase aigüe du comportement du couple franco-allemand. Les divergences vont prendre progressivement le pas sur les ententes. Dans la mesure où Macron joue la partition allemande de l’austérité et du libéralisme mondialiste, les bases de l’entente sont solides. Mais sur le fond il existe une divergence fondamentale. Macron pense seulement à lui-même et au tremplin de l’Europe pour assouvir sa soif de pouvoir. Il y est poussé par les puissances financières qui lui ont permis de subjuguer un électorat français, désespéré par la classe politique et cherchant l’homme providentiel, par une campagne médiatique forcenée de 18 mois sans équivalent historique. Sa volonté est de renforcer l’Union monétaire et d’établir un Fonds monétaire européen (FME) répondant à deux objectifs. Le premier est d’assurer la solvabilité de la zone euro en général, et de la France en particulier, sur la vigueur de l’économie allemande : « après la crise nous avons introduit des instruments pour renforcer la responsabilité (…) mais nous avons aussi besoin de solidarité au sein de l’Union monétaire », a-t-il dit le 19 avril, lors de son allocution commune avec la Chancelière. Le deuxième objectif est plus politique : il consiste à accentuer la tutelle supra-étatique, technocratique et financière, sur les pays membres de la zone euro, afin d’établir les États-Unis d’Europe dont Emmanuel Macron s’imagine déjà en père fondateur. Trump ne l’a sûrement pas « détrumpé » sur ce point, mais avec une promesse qui n’engage que celui qui l’écoute.

La vision allemande est toute autre et le suivisme français ne lui avait pas vraiment posé de problèmes jusqu’alors. L’Allemagne est aujourd’hui plus que jamais le centre de gravité de l’Union européenne et le bassin industriel de la zone euro. Le couple avait marché au bénéfice pour l’Allemagne et au préjudice de la France aggravant l’écart économique entre les deux pays. Les excédents allemands sont formés par les déficits de ses partenaires. Cet écart franco-allemand est arrivé à un point tel que l’Allemagne lit dans la volonté de Macron un espoir de domination et un besoin de sécurité financière qui ne peut pas exister sans la garantie et l’apport financier allemand. La vision de l’Europe par l’Allemagne ne peut pas gommer la nationalité allemande, alors que ce sentiment a été renforcé par la réunification nationale il n’y a pas trente ans, et par celui de sa réussite économique. L’Allemagne ne veut pas disparaître dans l’UE, d’ailleurs sa constitution lui interdit, mais se servir d’elle pour créer une Europe allemande, le vieux rêve du pangermanisme. Elle ne veut pas servir de vache à lait, fermant les yeux sur le dépouillement qu’elle a exercé sur les autres pays.

Mais la construction de l’UE, sous domination américaine et partenariat avec les États-Unis jusque dans la monnaie sur un euromark, la tourne résolument vers l’atlantisme. Avec la Bavière, l’Autriche et l’ex-Allemagne de l’est, c’est près de la moitié de monde germanique qui penche déjà du côté conservateur de l’UE. Le bassin du Danube et la grande plaine européenne regroupent 100 millions d’Européens des PECO (Pays d’Europe centrale et orientale) intégrés à l’UE, et au-delà s’étendent les vastes horizons du XXIe siècle promis par la Route de la Soie. Or les pays Baltes, la Pologne ont gardé un fort sentiment antirusse et attendent l’aide de l’OTAN en offrant leurs territoires aux bases et missiles américains. L’Allemagne abrite la plus grande base militaire de l’OTAN dans l’UE. Elle est un pion capital pour la politique agressive menée par les États-Unis contre la Russie. Angela Merkel oppose donc les plus grandes réticences au projet de réforme de l’UE soutenu par Macron le réduisant à faire des effets de manche lors de la réunion du 19 avril devant une Merkel impassible quand il a invoqué « l’urgence de la situation » et le « moment historique » dans lequel se trouve l’Europe. 

Jusqu’ici, ses propos malheureux sur la Pologne et la politique de division ouvertement menée à l’encontre du groupe de Visegrád (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie) constituent un maigre bilan concernant l’Europe centrale. D’une façon générale la politique européenne actuelle est désastreuse. En effet si les intérêts de la France et de l’Allemagne divergent de plus en plus, ceux de la France avec l’Europe latine, en particulier avec l’Italie, deviennent de plus en plus évidents. La proximité géographique et linguistique, mais surtout la communauté d’intérêt face à la prépondérance allemande appelle à une action interétatique concertée, comme l’a bien compris le groupe de Visegrád. 

Sur la politique européenne et atlantique, Macron joue avec le feu et mène la France dans une impasse économiquement coûteuse et à un flirt dangereux avec une guerre mondiale qui peut désormais se déclencher sur un évènement inattendu et apparemment sans importance. Son égocentrisme devient un tel handicap qu’il va le conduire d’échec en échec, comme cela a déjà commencé sur le plan international, et un autoritarisme sur son peuple qui peut déboucher aussi sur une crise intérieure majeure n’importe quand.

On ne peut mener un peuple sur ses seules ambitions. 

Même Napoléon avait une vision stratégique

Sur la survie de son pays par les guerres 

Nécessaires au départ pour le sauver.

Quand son égocentrisme l’a envahi 

La retraite de Russie et Waterloo

Ont terrassé la France et lui !

Claude Trouvé
26/04/18

mercredi 25 avril 2018

Le fiasco de l’opération militaire sur la Syrie


La France s’est engagée dans une coalition arabo-occidentale dans une opération illicite sur les territoires irakiens et syriens depuis août 2014 à la suite de l’éclosion du « printemps arabe » syrien en 2011. C’est lors de la « Conférence internationale sur la paix et la sécurité en Irak » à Paris, Quai d'Orsay, le 15 septembre 2014, réunissant une trentaine de participants sans l’Iran mais avec la Russie, que s’est formalisée la coalition pour lutter soi-disant contre l’EI. La France a pris part aux opérations aériennes en Irak à partir de septembre 2014, en excluant toute intervention en Syrie pour soi-disant n'y favoriser ni l'EI ni le régime de Bachar el-Assad (ceci en parfaite contradiction avec les propos de Fabius, en août 2012 lançant dans les médias que "Bachar el-Assad ne mériterait pas d'être sur terre" et en décembre 2012 que "le Front al-Nosra fait du bon boulot"). Pour les Etats-Unis initiateurs de cette conférence, cette alternative d’intervention en Syrie n’était pas exclue. D’ailleurs dès la nuit du 22 au 23 septembre 2014, l'aviation américaine soutenue par l'Arabie saoudite, la Jordanie et les Émirats arabes unis, intervient pour la première fois en Syrie en bombardant une vingtaine de sites, principalement dans le gouvernorat de Raqqa. La coalition s’engageait donc en dehors de tout mandat de l’ONU même si celle-ci avait condamné les actions de l’EI en Irak. La participation des pétromonarchies du Golfe à cette conférence et à la coalition n’a pas fait cesser le financement indirect de Daesh par le truchement des « grandes fortunes » de ces pays. La France de son côté mène une politique pleine de contradictions en refusant de bombarder la Syrie mais livrant des armes à la « rébellion syrienne démocratique », comme le président, François Hollande, le confirme dans un entretien exclusif au « Monde », le 20 août 2014.

Devant la prise de contrôle de territoires de plus en plus vastes en Syrie par la coalition terroriste de l’EI, l’Armée syrienne libre dite de rébellion, Al Qaïda, Al Nostra, et une armée de mercenaires venus de partout, Bachar el-Assad demande l’aide de la Russie dans le conflit syrien. Celle-ci s’engage un an après la coalition occidentale dont les résultats n’avaient pas freiné l’avance de Daech ni en Irak ni en Syrie. L’arrivée de la Russie, qui n’est pas sans intérêt pour elle, va inverser le cours de la guerre. Aujourd’hui, même si la reprise en main par Bachar el-Assad du territoire syrien, hors du territoire kurde et de ceux occupés par les occidentaux, ne fait plus de doute la situation est encore loin d’être réglée. Des intérêts divergents s’affrontent toujours avec des positions officielles et des actions cachées illustrant les buts réels d’Israël, de la Turquie, des pays du Golfe, avec l’Arabie Saoudite au premier plan, et des occidentaux. 

Depuis la guerre du Kosovo et le démantèlement voulu de l’ex Yougoslavie, on n’avait pas vu de conflit aussi tordu où les acteurs ont joué et jouent toujours une partie de poker menteur depuis leur ingérence dans ces pays du Moyen-Orient, Irak et Syrie. A contrario, du côté du gouvernement légal de la Syrie et de la Russie, les positions étaient et restent claires. La Russie était venue pour aider d’abord le gouvernement légal syrien. Il l’a aidé en premier lieu contre les forces armées syriennes en rébellion car l’EI ne menaçait pas encore Damas. Les occidentaux, et la France toujours au premier rang, ont alors vilipendé la Russie pour ne pas avoir attaqué d’abord l’EI, révélant ainsi leur véritable but, la suppression mort ou vif de l’homme fort à la tête de la Syrie. Pourquoi ? Pour une affaire de « tuyaux », des pipelines traversant la Syrie pour aller de l’Iran vers l’Europe concurrençant la production provenant des pays du Golfe. L’Arabie Saoudite wahhabite est d’autant plus mobilisée qu’il s’y ajoute un conflit de prééminence religieuse avec l’Iran chiite.

Mais c’est aussi une affaire des grandes firmes pétrolières occidentales pour lesquelles les États-Unis, le Royaume-Uni, et la France sont prêtes à entrer en guerre. L’occasion de l’EI était tellement un prétexte idéal, qu’il n’existe plus guère de doute sur son entraînement en Jordanie sous le contrôle américain, qu’Israël a servi de base arrière pour les blessés, et que les financements des pays du Golfe ne lui ont pas manqué avant qu’il ne se serve sur les puits de pétrole conquis, pétrole vendu à la Turquie à bas prix et revenant en partie sur l’Europe. Les américains et les britanniques ne se sont pas privés d’alimenter le conflit en leur parachutant plus ou moins discrètement des armes, de la logistique et en les prévenant avant de bombarder des villes où l’EI était présent. La Turquie joue un double ou triple jeu depuis le début. Tout lui est bon pour résoudre le problème kurde, ce à quoi elle s’emploie désormais en les combattant en Syrie sans que la France y trouve à redire alors que les États-Unis se sont établis en Syrie ainsi que nos forces spéciales pour aider les kurdes à lutter contre l’EI ! 

Le but commun de l’alliance occidentale, de la Turquie, des États du Golfe, et d’Israël est le démantèlement de la Syrie. C’est ce but non avoué qui oppose frontalement la coalition occidentale à l’axe Russie, Syrie et Iran sans oublier le Hezbollah dont Israël veut l’extermination. La France dans tout ce conflit joue depuis le début un rôle de vassal, prête son Armée et y investit nos sous. Pour enlever la Grand-Croix de la Légion d’Honneur à Bachar el-Assad et récupérer l’objet en Syrie, il a fallu faire agir l’ambassade de Roumanie, car nous y avons fermé la nôtre. Cette fin est lamentable après les frappes récentes, dispendieuses et inefficaces sur la Syrie pour une raison d’utilisation d’armes chimiques dont on attend toujours les preuves d’existence par l’OIAC, seule habilitée auprès de l’ONU. D’ailleurs il faudra, si c’est le cas, encore prouver quel belligérant les a utilisées quand les Russes prétendent avoir découvert des laboratoires et des produits concernés dans la zone incriminée et libérée.

La situation au Moyen-Orient n’est non seulement pas calmée mais des grandes puissances s’affrontent au Moyen-Orient plus ou moins directement. Le nouveau lien stratégique de la Russie avec la Chine a fait arriver la marine chinoise en face des côtes syriennes entrainant une présence rapprochée des navires américains. Mais la guerre des Turcs contre les Kurdes fait toujours rage. Une fois éliminée la présence de l’EI et de l’ensemble des forces terroristes ou rebelles, on ne sait pas ce que fera la Russie au côté de Bachar el-Assad pour cette partie de territoire. Si la Turquie et la Russie, liés désormais économiquement sur le gazoduc en construction en Turquie allant de la Russie à l’Europe, peuvent forcer à un accord final, il est vraisemblable que les occidentaux, et Israël, qui s’est invité militairement dans le conflit, chercheront à brouiller les cartes. Il vient se joindre à cela la relance de l’accord de 2015 avec l’Iran sur la limitation de l’enrichissement de l’uranium à des fins civiles et l’interdiction de toute arme porteuse d’ogives nucléaires. Le nouvel accord, compromis esquissé avec Trump, reçoit déjà le véto de la Russie, de la Chine, et une fin de non-recevoir de l’Allemagne et du Royaume-Uni.

Si l’on regarde l’intérêt national, donc celui du peuple français, on cherche en vain une cohérence dans la politique étrangère française depuis le départ des « printemps arabes ». Nous avons mis à feu et à sang la Libye, détruit la barrière que ce pays offrait à l’immigration avec sa capacité d’employer ces migrants dans un pays en pleine prospérité. Son arsenal militaire s’est répandu dans tous les groupes terroristes de l’Afrique et du Moyen-Orient et aujourd’hui les forces islamiques s’y sont reconstituées en partie. L’abcès crevé en Irak et en Syrie pollue la Libye et l’Afghanistan, où nous n’avions rien à faire non plus. Nos attaques militaires d’ingérence en terre d’Islam et verbalement inutilement vexantes contre l’Islam ne font que coaliser contre la France, déclarée ennemi commun, et de propager une lutte sur notre propre territoire. L’EI quitte la Syrie mais se reforme ailleurs et le problème syrien oppose de front les plus grandes puissances de la planète mettant en danger la paix du monde. Fiasco total. Mais sous l’éclairage des multinationales pétrolières, la politique française devient plus lisible. Cela enrichit-il notre peuple et cela vaut-il une troisième guerre mondiale ? Alors les chefs concernés mériteraient d’être punis pour complot contre le peuple français pour vassalité à une puissance étrangère entraînant la France sur le sentier de la guerre.
 
L’image de la France dans le monde devient trouble 

Ce qui est un comble pour le pays des Lumières.

Entre l’armement de puissances guerrières 

Qui sème la mort de milliers d’humains,

Et notre ingérence en terre d’Islam, 

Qui la sème en retour chez nous

Le perdant est notre peuple, 

Les gagnants le narguent

Sur des tas de dollars !

Claude Trouvé
25/04/18