vendredi 28 juin 2013

La question qui tue l’illusionniste !

Pourquoi ne peut-on pas faire aussi bien que la Suède alors que votre ancienne compagne y était allée pour prendre des leçons sociales ? Trop petit pays par rapport à la France oseriez-vous nous répondre ? Alors pourquoi admirer les performances de son école, reconnaître son haut niveau de prestations sociales et ne pas se demander pourquoi ses performances économiques sont une des meilleures de l’Europe ?

L’illusionniste au pouvoir ne peut répondre à cette question qu’en l’esquivant ! Nos engagements seront tenus… Si la croissance revient (Actez déjà qu’elle ne reviendra pas, ou pas au niveau où je l’attends… donc je n’y suis pour rien, vous aurez le droit de me juger en fin de mandat, pas avant !). Cette messe répétitive est la réponse, l’écran de fumée, du « Moi je ! ». 

Eurostat vient de publier les statistiques 2012 sur la dette et le déficit publics ainsi que sur la croissance. Une Europe qui fonctionnerait bien devrait être au-dessous de 3% du PIB de déficit public et de 60% de dette. Elle en est loin avec des moyennes de 4% pour le déficit public et 85,3% pour la dette, laquelle représente le chiffre astronomique de 11.000 milliards ! 

Monsieur l’illusionniste expliquez-moi !  Pourquoi le déficit c’est 4,8% en 2012 en France et probablement -4% en 2013 alors que c’est un excédent de +0,5% en Suède ? Pourquoi la dette publique c’est 90,2% en France pour  2012, probablement 93,6% pour 2013 et 94,3% pour 2014 alors que c’est 38,2% en Suède ? Pourquoi la croissance que vous n’avez pas avec 0% en 2012 et que vous n’aurait pas mieux en 2013, avec une forte probabilité que ce soit pire, alors que c’est 1% en Suède ? 

Préférez-vous que l’on parle du chômage à fin février 2013, votre objectif prioritaire, avec 10,8% en France et de 8,2% en Suède ? Peut-être considérez-vous que le taux d’emploi est plus représentatif car il inclue les temps partiels ? Alors le taux d’emploi en France c’est 69,3% et 79,4% en Suède, 10% de plus… une paille ! 

Je vous vois venir, vous allez me dire que nous devons nous comparer à l’Allemagne, notre alter-égo qui a fait moins bien que nous au dernier trimestre 2012, sauf que l’Allemagne a fait mieux avec 0,7% de croissance en 2012 et continue à faire mieux depuis le début de 2013. L’Allemagne a l’équilibre budgétaire en point de mire pour 2013 et desserre l’austérité. Savez-vous que 7 pays respectent les critères de Maastricht dont seulement trois font partie de la zone euro, à savoir l’Estonie, la Finlande et le Luxembourg (excellent paradis fiscal). Les quatre autres, Suède, Danemark, Lettonie, Roumanie n’en font pas partie. 

Monsieur l’illusionniste, et tous vos courtisans européistes, comment pouvez-vous continuer à soutenir ce postulat d’une catastrophique sortie de l’euro, entraînant dévaluation, discrédit de la France, hausse des taux d’emprunt, baisse du pouvoir d’achat, etc. quand un pays comme la Suède a gardé sa monnaie, dévalué celle-ci de 25% en deux temps et fait rêver par sa réussite budgétaire, son niveau social, la qualité de son enseignement, son nombre de brevets, etc. ? 

Je n’ai même pas le courage de vous parler de la Norvège et de la Suisse, qui ne font pas partie de l’Union Européenne, et dans lesquels le pouvoir d’achat est bien supérieur au nôtre, et qui  ont une bien meilleure santé économique. Arrêtez de nous faire croire que la Suisse n’est qu’une banque, c’est aussi une nation industrielle en matière de produits pharmaceutiques et chimiques entre autres. De plus c’est un pays qui avec la Suède est en tête en matière de pratique de la démocratie, dont vous faites fi ! 

N’allez pas nous redire que nous sommes meilleurs que la Grèce ou même l’Italie sous prétexte qu’ils pratiquent des politiques d’austérité suicidaires. La France perd successivement tous ses leaderships et devient un pays moyen de l’UE et même de la zone euro, laquelle obtient de moins bons résultats que la moyenne des pays hors euro. Elle fait même l’objet d’inquiétudes dans la presse étrangère et dans les milieux économiques mondiaux. 

Monsieur le Président vous n’êtes qu’un illusionniste dans un pays qui a potentiellement des atouts bien supérieurs à beaucoup de pays européens. Vous n’avez pas subi le choc de la crise de 2007-2008 et vous avez dit que la crise était derrière nous en décembre 2012. Alors vous ne pouvez répondre à la comparaison avec la Suède que par une nouvelle illusion pour 2014, une politique d’austérité au rabais avec 1,5 milliards d’économie sur 1100 milliards de dépenses publiques (-1,36%), une réorganisation territoriale en suspens et plus politique qu'économique, une augmentation de la pression fiscale dont la TVA, une diminution des dépenses productives d’infrastructures (TGV entre autres), le maintien des régimes spéciaux et spécifiques, une mini-réforme des retraites probable, l’illusion d’une diminution du chômage par des emplois aidés non productifs… Vous n’avez pas honte ?

On ne vous croit plus, vous n’êtes même pas un démocrate !

Les urnes seront sévères pour tous ceux qui ont gouverné

Une France qui s’endort et plonge vers la faillite !
  
Illusionniste et autiste c’est trop ! 

Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

jeudi 27 juin 2013

Une nouvelle épine pour l’Europe : la Croatie

Le 1er juillet 2013 la Croatie entrera dans l’Union Européenne, portant son nombre de pays à 28. Son entrée s’est cependant faite à reculons avec 56% d’abstention dans le référendum du 22 janvier 2012. Sur une superficie de 56.542 km2, ce pays, dont de nombreux français connaissent la côte Dalmate, augmente la population européenne de près de 4,3 millions d’habitants. En tant qu’ancienne région de l’empire austro-hongrois, la Croatie garde des liens historiques avec l’Allemagne. Ancien territoire yougoslave, elle est indépendante depuis le 25 juin 1991.

L’intégration boulimique de pays européens continue à accumuler les difficultés d’une Union européenne disparate qui cherche à créer des liens indéfectibles entre ses différents pays alors que les nationalismes se font de plus en plus entendre. La Croatie, dont l‘économie est essentiellement tournée vers le tourisme et les services, est un pays où le chômage est endémique et le pouvoir d’achat n’est que de l’ordre de 60% de la moyenne de celui des pays européens. L’entrée de la Croatie dans l'UE relance la peur d’une invasion d’ouvriers croates, notamment en Allemagne et en Autriche.

Alors que le chômage atteint 12% dans l’UE et que le chômage des jeunes atteint des sommets (60 % des jeunes entre 14 et 24 ans sont sans emploi en Grèce, 56% en Espagne, 38% en Italie, 25% en France), la Croatie va déverser ses chômeurs sur une Europe qui entre en récession ! Pendant ce temps les dirigeants européens se réunissent à Bruxelles pour parler de l’union bancaire pour faire barrage au risque systémique d’effondrement des banques où tout au moins aux 150 à 200 plus grosses d’entre elles. La vraie peur du système économique et financier reste le lien entre les Etats et le secteur bancaire.

Ils vont aussi parler de la peur du chômage, car c’est la peur des mouvements sociaux qui viennent perturber la machine économique. Alors les dirigeants européens se penchent sur la question du chômage des jeunes : “S'ils ne travaillent pas, les jeunes vont perdre foi dans l'opportunité que représente l'UE ainsi que dans l'importance de l'unité européenne. Sans jeunesse heureuse, il n'y a pas d'avenir européen", estiment-ils. Les grands défenseurs de l'Union européenne clament que la mobilité est la condition essentielle à un renouveau du marché du travail ; il faut selon eux améliorer cette mobilité, mettre un terme aux préjugés et aux peurs, l'Europe est un grand marché qu'il faut ventiler et débarrasser des obstacles juridiques et mentaux.

Alors on va même en arriver à inclure les « putes » dans les statistiques de l’emploi ! Ce n’est pas une blague ! Ce marché demande trois conditions, une main-d’œuvre, un lieu d’implantation conforme aux lois du pays, un marché. Ces conditions sont réunies en Autriche où la prostitution est légalisée, avec une Italie toute proche où elle ne l’est pas et une main-d’œuvre facilement « recrutable » venant des pays de l’Europe de l’est. C’est ainsi qu’une gigantesque maison close va bientôt voir le jour à Hohenthurn, petite ville de 800 habitants en Carinthie (Autriche). Les investisseurs ont annoncé que 140 prostituées y travailleront !

Même si ce « bassin » d’emploi, si vous me pardonnez l’expression, n’est pas le seul possible, et si lorsqu'une jeune fille de 24 ans émigre, cela ne signifie pas qu'elle le fait pour se prostituer, la transhumance de l’Italie vers l’Allemagne reste massive. Entre 2011 et 2012, le nombre d'italiens en Allemagne a augmenté de 40 % ; l'année dernière, environ 12 000 travailleurs italiens qui sont partis pour l'Allemagne. Ceci peut être expliqué en partie par la démographie faible de l’Allemagne et le fait que l'Allemagne offre des aides aux familles avec des nouveaux nés, tandis qu'en Italie les aides sociales sont inexistantes.

L'année dernière, l'Allemagne, seule locomotive européenne, a connu une immigration de plus d'1 million d'ouvriers, pour la plupart venus d'autres pays d'UE, de la Grèce à la Pologne. Les disparités économiques et sociales sont telles dans l’UE que les principes de libre circulation des capitaux, des hommes et des marchandises, signés dans les traités sont violés sans vergogne. Ceux de la libre circulation des capitaux sont violés à Chypre. Ceux de libre circulation des hommes incitent l’Allemagne et l’Autriche à les violer en évoquant l’utilisation de leur droit "moratoire" afin de limiter l'entrée des Croates sur leur marché du travail et par la France à propos des Roms. Ceux de la libre circulation des marchandises de l’OMC sont violés par la menace de protectionnisme de l’UE vis-à-vis de la Chine !

Disparité vis-vis du traité de Schengen, disparité des monnaies, disparité des lois sociales, disparités grandissantes des niveaux économiques, disparités des impôts et taxes, disparité des politiques étrangères, violation des principes fondateurs, etc. montrent que l’Europe fédérale est un horizon lointain, un mirage qui recule au fur et à mesure que l’on avance. L’Europe est mal bâtie et fait des millions de malheureux dans toute l’Europe du Sud, mais elle perdure… alors à qui profite le crime ? Aux banques, à la grande finance, aux multinationales et à la géostratégie américaine.

Une Europe, qui s’assoit sur ses principes fondateurs,

Avoue son impuissance à les faire respecter

Et à faire le bonheur des européens !

Changeons-là !


Claude Trouvé 
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon

mercredi 26 juin 2013

De deux mensonges sort la vérité

Nous voilà à mi-2013 et on parle du budget 2014. Qu’en est-il de la réalisation des prévisions budgétaires 2013 ? Que prévoit le gouvernement pour 2014 ? Gauche et Droite s’affrontent dans un combat stérile mais le citoyen ne sait plus où est la vérité dans un domaine économique ou même les experts se perdent dès qu’ils abandonnent les recettes du bon sens.

Budget tenu à Gauche, 20 milliards de déficit à Droite, tels sont les anathèmes que Gauche et Droite se jettent à la figure. Ce débat est stérile car politisé. Il ne profite pas à la France aux yeux de Bruxelles en jetant le doute sur la possibilité pour celle-ci de tenir son engagement de ramener le déficit budgétaire à 3% en 2015. Il en ressort simplement que l’un des deux ment, mais en réalité ce sont les deux.

La Droite s’accroche au déficit budgétaire de 3% en 2013 qui était son engagement avant de quitter le pouvoir et évalue les montants en jeu sur cette base. Or le budget 2013 a été réajusté sur un déficit de 3,7% du PIB en fonction d’un recul de deux ans accordé par Bruxelles pour atteindre cet objectif de 3%. Le gouvernement est dans son droit de s’en tenir à un engagement à 3,7% qu’il prétend (presque) tenir, mais il ne parle que de la maîtrise des dépenses au niveau prévu tout en concédant que les recettes ne seront pas au rendez-vous.

C’est donc du camouflage gouvernemental et on se garde bien de claironner la prévision de baisse de recettes puisque dépense maîtrisée et baisse des recettes veut dire augmentation du déficit… le 3,7% ne peut être tenu et sera donc entre 3,8 et 4% du PIB. Les conséquences immédiates ne sont pas dramatiques car l’ensemble des acteurs financiers et des investisseurs en ont déjà tenu compte avec une augmentation sensible à 2,5% des taux d’intérêt des emprunts souverains. De plus ceci s’applique sur des taux à 10 ans très bas et n’aura pas un impact très important aujourd’hui.

Mais la France est sous surveillance de Bruxelles et des investisseurs quant à sa capacité à maîtriser son déficit en agissant sur ses dépenses. Le chantier des retraites et particulièrement dans le collimateur. Or rien ne semble montrer une réelle volonté du gouvernement de prendre des mesures radicales. Par ailleurs la prévision de diminution des dépenses publiques de 1,5 milliards pour 2014 n’apparaît que comme une manœuvre politique tant son montant est dérisoire devant 1.100 milliards de dépenses.

C’est là que la France est attendue et un avis défavorable de Bruxelles entamera son crédit et agira inexorablement sur ses taux d’emprunt. La menace d’un ralentissement des liquidités émises par la Fed (85 milliards par mois) et qui nourrit un peu la consommation américaine, la croissance en déclin en Chine, la politique kamikaze du Japon au bord du gouffre, les difficultés de certains pays émergents (Brésil en particulier), la récession dans la plupart des pays européens sont autant de menaces sur une reprise de la croissance en France.

Un ralentissement de notre déficit commercial n’est même pas une bonne nouvelle s’il est acquis par une diminution de nos importations. La valse-hésitation entre croissance et austérité ne définit qu’une politique de tapage de tête sur les murs de la croissance atone et de l’austérité improductive. Il ne reste qu’une issue possible dans le carcan de l’euro pour une politique gouvernementale, diminuer les dépenses inutiles (il y en a !), pour alléger les impôts et lancer des dépenses productives dans les infrastructures.

La marge de manœuvre est étroite et si l’attractivité de nos produits peut se trouver améliorer dans un certain nombre de pays européens, elle ne suffira pas à relancer notre économie en dehors de l‘Europe. Si la France ne parvient pas à se réformer en profondeur alors que d’autres pays l’ont fait, elle ne peut qu’aggraver son déficit budgétaire, balbutier sa croissance, emprunter à des taux de plus en plus élevés et finalement faire partie des pays demandant l’aide, donc la tutelle, de la troïka (UE,BCE,FMI).

Le peuple commence à comprendre que l’euromark tue la France à petit feu et que la gouvernance économique appelée par les vœux des européistes veut dire perte de souveraineté, perte de démocratie et transfert de l’argent des pauvres et de la classe moyenne vers les plus riches et les grandes puissances économiques et financières. La seule sortie possible, où les sacrifices imposés permettent de sortir d’une situation de creusement des inégalités entre les pays européens, est une monnaie avec un degré de maîtrise nationale adaptée aux circonstances économiques mondiales. Le Serpent Monétaire Européen avait donné toutes satisfactions avant que l’on nous impose l’euro…

Les affirmations, sans démonstration et sans volonté d’en discuter, d’une sortie impossible ou catastrophique de l’euro actuel ne montre que la faiblesse de celles-ci dans une période où l’euro se voit sans cesse mis sous perfusion et de nombreux pays au bord de l’implosion. 

La stérilité de nos partis majoritaires est affligeante,

Et complice devant le poids des banques et des lobbies,

Qui font de l’Europe leur « machin » technocratique,

Leur « pompe à fric » antidémocratique !


Claude Trouvé
Coordonnateur MPF du Languedoc-Roussillon