samedi 6 avril 2019

Le premier débat national sur l’UE en appelle d’autres


France2 a su relever le défi d'un débat à 12 têtes de liste au lieu de 9 pour les Européennes. Un bon point pour le Service Public, même s'il a fallu en passer par la Justice pour faire bouger les choses. Les présentateurs ont maîtrisé les quelques débordements cacophoniques sans rajouter de tension au débat. Bravo à eux. Les candidats ont eu 15 minutes de temps de parole, temps court mais suffisant pour que chacun imprime son point de vue dans la tête des téléspectateurs.
 
"Mais c’est finalement François Asselineau qui a semblé le plus en verve. Le candidat de l’UPR a tiré les leçons de la présidentielle de 2017 et compris que le principe d’un débat ne consistait pas à réciter des articles de traités. Hier soir, il fut pugnace, parfois drôle, jouant à la fois sur la raison et l’émotion et apparaissant finalement plus adroit que son concurrent « frexitien » Florian Philippot, pourtant davantage expérimenté à la télévision." Causeur

La campagne s'ouvre réellement le 25 avril mais d'ores et déjà on voit que la sortie ou non de l'UE sera au cœur du débat, car l'ensemble des candidats n'a cessé de mettre en lumière les vices de fonctionnement de l'UE. Toutefois les 10 candidats qui veulent seulement une réforme du fonctionnement de l'UE proposent tous des actions différentes voire contradictoires. Cette proportion de 10 candidats voulant rester dans une UE, remaniée, améliorée selon les dires des uns et des autres sur des évolutions parfois opposées, proportion qui aurait pu être portée à 2/13 si Lutte ouvrière avait été invitée, contraste avec le sondage ODOXA qui publie un résultat de 29% de français ayant encore espoir dans l’UE, soit seulement ¼ à 1/3 de nos compatriotes. Cela vient finalement donner du poids à la phrase de Macron prononcée à la BBC à Londres : « Si je lançais un référendum sur la sortie de l’UE, je pense que les français la voteraient majoritairement », ou une phrase de même sens. Cela prouve aussi le décalage existant entre les médias mainstream et les politiques au Parlement, avec la très grande majorité des français, et cela malgré un matraquage qui dure depuis quarante ans sur l’UE qui protège les peuples des grands prédateurs étrangers, de l’invasion russe, et permet une prospérité débouchant en plus sur des progrès sociaux.

Evidemment tous se gardent bien de nous livrer les comparaisons avec les autres pays de l’UE, les pays hors UE et les grandes autres économies du monde. Le constat serait trop amer et j’ai publié plusieurs articles sur la santé économique de la France dont le précédent où les statistiques Eurostat nous donnent encore 1,52% de croissance. Ceci vient en contradiction avec l’annonce optimiste en dernière minute de Bruno Lemaire à 1,6%, annonce d’ailleurs entachée par un article des Echos parlant de 1,4%. La valeur annuelle officielle de la croissance de ce PIB en volume ne correspond pas avec celle de la croissance annuelle du PIB en volume calculée à partir des valeurs trimestrielles officialisées par ailleurs par la France pour les 3 premiers trimestres, à savoir successivement par trimestre : 0,23% arrondi à 0,2%, 0,6% arrondi à 0,2%, 0,28% arrondi à 0,3%. Seule la croissance du 4ème trimestre à 0,32% n’a pas été publiée et remplacée par la publication annuelle officielle. Toutefois le calcul annuel sur les valeurs trimestrielles ne donne qu’une croissance annuelle de 1,01% pour la France, 0,64% pour l’Allemagne, 0,03% pour l’Italie, mais 1,33% pour le Royaume-Uni et 2,33% pour l’Espagne.
 

Ces valeurs sont fournies dans le précédent article « Le satisfecit bidon de notre Ministre des Finances ». On voit que non seulement les valeurs sont différentes mais le classement des pays en est changé. Si l’Allemagne perd encore par rapport à la France, le Royaume-Uni nous passe devant. Néanmoins le constat global d’une UE où les grandes puissances économiques sont en perte de vitesse, et d’une façon plus générale où le clivage est-ouest devient de plus en plus net, reste le même sur les deux évaluations de la croissance annuelle. Notre appartenance à l’UE et à l’euro nous enfonce et le moteur allemand se grippe avec notre propre épuisement sans le recours à une augmentation suffisante de la consommation intérieure. La politique d’austérité et de maîtrise de la dette allemande fragilise l’Allemagne dans un contexte économique mondial moins favorable. Le duo franco-allemand en cours de solidification ne peut pas pallier cette situation globale, mais a toutes les chances de mener la France vers la récession. L’endettement français, son déficit budgétaire prévu pour 2019 au-dessus des 3%/PIB et son déficit du commerce extérieur ne peuvent que la conduire vers un nouveau captage de richesse par l’Allemagne. La France, qui était mieux lotie que la moyenne des pays de l’euro, est désormais passée au-dessous et elle sert les pays de l’Est, en particulier la Pologne, grosse consommatrice de notre solidarité financière dans l’UE au niveau de 2 milliards. Les situations privilégiées de l’Irlande grâce aux faibles impôts sur les sociétés, et de Malte, paradis fiscal, ne sont pas remises à plat et pèsent sur l’ensemble de l’UE. Enfin cette dernière ne brille pas par ses performances vis-à-vis des autres continents.

L’ouverture à la libre circulation des capitaux du monde entier fait de la France une zone attrayante où les pays riches viennent faire leur marché d’entreprises, de foncier et de patrimoine. La politique d’austérité la pousse à laisser partir tout ce qui est nationalisé jusqu’à nos routes et à des entreprises stratégiques. Elle est devenue impuissante à freiner les délocalisations qui non seulement nous privent d’emplois mais fait souvent partir de notre savoir-faire. La libre circulation des capitaux alimente la fraude fiscale des grands lobbies qui s’enrichissent pendant que des dizaines de milliards échappent au fisc. La croissance réelle de la France à 1%, ne va pas lui permettre de faire baisser le taux de chômage d’autant plus qu’elle est sur la pente descendante, que non seulement l’UE ne freine pas mais qu’elle accélère. L’élection européenne est donc pour les français une occasion à ne pas manquer car notre pays est vraiment en danger avec même des tentatives de morcellement comme l’autonomie corse pour laquelle l’UE ouvre les bras de sa commission aux régions, et l’Alsace européenne en cours de mise en place contrairement aux votes des alsaciens. Alors que tout a été fait pour que l’on ne parle pas de l’Europe dans les médias et dans les discours politiques sauf pour s’en servir pour justifier des mesures impopulaires en disant qu’elles nous sont imposées, cette élection européenne ouvre enfin la voie à une discussion de fond car le silence ne peut plus servir de cache-misère. Même les atermoiements du dialogue UE et Royaume-Uni ne vont pas pouvoir servir de repoussoir et d’argument pour les européistes. Le Royaume-Uni n’a pas sombré depuis le vote de son peuple en juin 2016 malgré toutes les affirmations d’un catastrophisme inévitable. En fait le Royaume-Uni résiste mieux que l’Allemagne à la diminution de la croissance mondiale, son taux de chômage au plus bas à 3,9% bat des records, l’apport de main-d’œuvre étrangère diminue entraînant une hausse des salaires.

Le concert de critiques de l’UE pour justifier la position de ceux qui veulent y rester mais la changer ne fait que donner du grain à moudre à ceux qui veulent en sortir, surtout que pour la plupart des formations politiques elles tiennent ce discours depuis une dizaine d’années sans que rien ne change, même par les partis disposant de députés européens. Du coup il leur devient de plus en plus difficile de stigmatiser la position de ceux qui veulent sortir de l’UE et pensent qu’elle est un carcan qui étouffe notre pays sans lui apporter l’élan que ce pays est en droit d’attendre d’elle. La France n’a pas le poids de l’Allemagne et devient suiveuse du pays le plus puissant. La France se coule dans le giron de l’OTAN pour mener des guerres illégales au nom de faux prétextes et collabore avec des pays peu recommandables pour vendre des armes massacrant ensuite des populations entières comme au Yémen. Cet argent nous est retourné en achats de notre territoire et nos biens. La France a donné dans la solidarité européenne et entre désormais dans un cycle de dépouillement dont elle doit sortir. C’est un grand pays par son histoire, sa langue, sa culture mais aussi par son espace maritime, son rayonnement dans les pays francophones son agriculture, ses grandes réalisations dans l’air et dans l’espace, et ses capacités dans le domaine du numérique de demain. Si la Suisse affiche encore l’un des PIB/habitant les plus élevés du monde, il n’y a aucune raison que la France ne s’en donne pas les moyens en agissant seule. Le passé historique du Royaume-Uni, très lié à sa position insulaire, explique la réaction de son peuple qui voit que l’UE est une Europe de lobbies, antidémocratique, où la principale circulation de l’argent se fait du bas vers le haut, celui des riches, avec une retombée de miettes comptées une à une. Troisième puissance économique de l’UE, la France talonne le Royaume-Uni même si c’est loin derrière l’Allemagne. Mais la France a des atouts que l’Allemagne n’a pas ou plus. Elle est membre du Conseil de Sécurité de l’ONU et parmi les grandes puissances nucléaires, elle n’a donc aucune raison de ne pas avoir sa propre vision géopolitique et militaire.
 
  1. La France est en train de se vendre à l’Allemagne et aux Etats-Unis, deux pays qui s’entendent pour exercer une hégémonie sur une France que l’Allemagne va traiter de plus en plus comme un tandem de sa machine économique. De toute évidence c’est bien cela qu’entend faire la prochaine chancelière. L’évolution comparative entre les grands pays de l’UE se voit aussi sur le PIB/habitant qui représente la richesse créée comparable avec d’autres Etats. La figure ci-contre montre l’évolution des 5 pays les plus importants économiquement de l’UE. Elle représente l’évolution du PIB/habitant sur une année glissante depuis le 3ème trimestre 2017 jusqu’au dernier trimestre 2018. Les dernières valeurs représentent donc les PIB/habitant de l’année 2018. On voit nettement la chute constante de l’Italie depuis le 1er trimestre de 2018 et très rapide de l’Allemagne depuis le 3ème trimestre 2018. Si la France s’en tire un peu mieux, on voit que sa pente de décroissance est pratiquement la même que l’Italie depuis le 2ème trimestre 2018. La décroissance du PIB/habitant du Royaume-Uni est beaucoup plus lente. Si le PIB/habitant décroit aussi pour l’Espagne depuis le 2ème trimestre 2018, cette décroissance est plus lente et sa valeur en fin d’année 2018 à 2% est plus de deux fois supérieure à celle de la France. Tous les grands pays sont touchés. La solidarité européenne va être de plus en plus difficile à tenir avec un transfert ouest-est de la richesse dont l’ampleur devient de plus en plus lourde pour les pays dits riches de l’ouest. C’est le principal constat de ce graphique qui montre la dégradation rapide des grandes économies européennes. Cette situation est d’autant plus inquiétante que l’Allemagne avec l’Italie entre dans une période qui peut la conduire à la récession entraînant un recul général des croissances des autres pays. 

Les français vont devoir réaliser que leurs attentes de meilleure vie ne peuvent qu’être déçues, gilets jaunes et autres, s’ils ne font pas partie des grassement nantis. Ils doivent réaliser qu’il est temps de sauver leur niveau de vie avant de sauver la planète sur des affirmations contestées d’une science encore balbutiante et d’arrêter de dépenser de leur argent renouvelable de plus en plus intermittent. Il est temps que nos compatriotes comprennent que l’UE n’apporte plus rien à notre pays, le menotte, et l’entraîne même vers le bas au nom d’une solidarité mortifère et d’un mondialisme qui rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Nous n’avons plus rien à faire dans une UE antidémocratique, ploutocratique et technocratique, une pieuvre qui suce notre argent et détruit notre identité et ce qui fait le fondement de notre République donnant le pouvoir au peuple et pour le peuple. Le décrochage des représentants du peuple avec leur mission de transmission des vœux de celui-ci, s’accompagne d’une gouvernance de plus en plus tentaculaire de l’UE qui rend le peuple de plus en plus incapable d’agir sur son destin. Sa voix sera de plus en plus étouffée au point que seule une Révolution pourra l’en sortir mais probablement pas sans faire couler le sang. La France vient déjà de le constater dans un mouvement prérévolutionnaire pendant lequel celui-ci a coulé. Le pouvoir réel est à Bruxelles et plus entre les mains de Jean-Claude Juncker, de Donald Tusk et de Mario Draghi, qu’entre les mains des Chefs d’Etat incapables de se mettre d’accord sur un sujet sauf sur celui d’emmerder les Britanniques au maximum pour bien faire comprendre que sortir de l’UE est un calvaire qu’il vaut mieux éviter. Alors passons-nous les menottes ou sortons de la cage aux fous de l’Union Européenne pour respirer l’air du large comme les inventeurs de la démocratie moderne, nos amis-ennemis de toujours, ceux de la blanche Albion, qui ont réussi à nous faire brûler Jeanne d’Arc, envoyer Napoléon à Sainte-Hélène, mais qui ont accueilli De Gaulle et laissé des dizaines de milliers de morts dans les cimetières de Normandie et d’ailleurs pour renvoyer les nazis chez eux. 

L’élection européenne de 2019 est une occasion unique 

De mettre en lumière l’impossibilité d’un mieux vivre 

Dans le carcan de l’UE et de délivrer nos esprits 

Du dogmatisme de l’européisme prometteur. 

La réalité est la puissance des lobbies 

Sur une UE anti-démocratique 

Qui ponctionne les peuples, 

Déconstruit les identités 

 Dans la cage étoilée

 Du mondialisme !
 
Claude Trouvé
06/04/19

mercredi 3 avril 2019

Le satisfecit bidon de notre Ministre des Finances


Très occupé à vendre le patrimoine français, même celui qui rapporte comme l’aérodrome Paris-Charles De Gaulle et la Française des jeux, et à distribuer 2,5 milliards d’euros aux petites et moyennes entreprises sénégalaises, Bruno Lemaire affiche une soi-disant bonne santé de nos finances. Inutile de rappeler combien il a manqué son objectif puisque les 2% de PIB escomptés au départ, se sont transformés en 1,9% dans le PLF2019, puis en 1,6% en septembre, puis 1,5% selon l’INSEE. Aujourd’hui il clame la réussite de ses 1,6%, prévision facile à 3 mois faite en septembre. Mais on parle aujourd’hui de 1,4%, il n’y donc pas lieu de triompher, surtout après avoir dit que les gilets jaunes allaient peser lourd sur le PIB. J’avais publié une prévision voisine de 1% du PIB, alors on est en droit de se demander qui a raison dans ces chiffres. Pour information le chiffre annuel retenu par l’UE pour le calcul de la croissance est le PIB au prix du marché, donc entaché d’une inflation différente d’un pays à l’autre. Le PIB trimestriel publié par l’UE est le PIB en volumes chaînés (2010), millions d'euros qui tient compte des corrections d’inflation. Ceci explique la différence de résultat entre la croissance annuelle calculée à partir des 4 croissances trimestrielles et celle calculée à partir des PIB bruts au prix des marchés entre 2017 et 2018.
 
Cette différence est d’autant plus énervante que l’UE publie les chiffres de croissance trimestrielle, à partir de PIB recalculés en volumes chaînés (2010), millions d'euros (Données désaisonnalisées et corrigées des effets de calendrier), les seuls qui permettent des comparaisons hors inflation depuis 2010. Ces valeurs sont bien celles reprises dans les commentaires trimestriels de Bercy sur la croissance française, donc valeurs officialisées et publiées. Le graphique ci-contre donne ces croissances trimestrielles et la croissance annuelle déduite pour la France selon les chiffres Eurostat. Les valeurs des trois premiers trimestres ont été publiées par Bercy. L’utilisation des 4 valeurs trimestrielles permet de calculer la croissance annuelle qui se trouve à 1,01%, bien loin des 1,6% annoncés finalement par Bruno Lemaire. Chacun peut comprendre que les valeurs des 4 trimestres ne peuvent donner le résultat officiel annuel qui n’est pas corrigé de l’inflation évaluée à 2,1% pour 2018. Il se dégage donc un sentiment d’entourloupe dans les chiffres publiés. Evidemment il est beaucoup plus valorisant d’annoncer 1,6% de croissance que 1% ! Il est néanmoins difficile d’admettre que les chiffres officiels trimestriels ne soient pas en accord avec le chiffre officiel annuel. Je suis toutefois fondé de penser que ces croissances trimestrielles sont beaucoup plus représentatives de la croissance réelle après prise en compte de l’inflation annuelle. De toute façon ils permettent la comparaison annuelle entre les pays et dans le temps en utilisant une année glissante pour se rendre compte de l’évolution de la croissance. Il est évident que la valeur de croissance annuelle annoncée à partir des données brutes est une annonce politique mais trompeuse sur la santé réelle de notre économie. Cette étude va donc conserver les valeurs trimestrielles officialisées qui apparaissent plus réalistes. En effet alors que la croissance acquise sur les trois premiers trimestres 2018 étaient de 0,68%, il est invraisemblable qu’elle ait pu monter à 1,6% grâce à une croissance de 0,91% sur le quatrième trimestre. D’ailleurs le chiffre annuel de 1,01% annuel paraît beaucoup plus conforme à la santé économique de 2018. 

Pour se faire une première idée sur la santé de la croissance française, il est possible d’utiliser l’année glissante calculée à la fin de chaque trimestre sur la base de la croissance des quatre trimestres précédents. La comparaison entre les principaux pays de l’UE est particulièrement intéressante. On voit que tous les pays, sauf la Suisse qui décroît au 3ème trimestre 2018, voient diminuer leur croissance entre le 3ème trimestre 2017 et le quatrième trimestre 2018. Cette décroissance commence au 1er trimestre 2018. L’Italie est évidemment le pays le plus touché et elle finit l’année 2018 en étant très proche de la récession. A contrario le Royaume-Uni rebondit dès le 1er trimestre 2018 et finit mieux que la France. A l’inverse l’Allemagne finit plus mal sur une trajectoire inquiétante semblable à l’Italie. L’Espagne montre de loin la meilleure santé économique avec une croissance 2018 finissant à 2,3%. On note que le Royaume-Uni se porte apparemment bien et sûrement mieux que ce que répandent les médias mainstream. Il est évident qu’un point plus complet demande de regarder l’augmentation de la dette car certains pays jouent sur le déficit budgétaire pour relancer la croissance, mais il est clair que l’Allemagne qui joue l’austérité budgétaire est en panne de croissance. Cela va impacter durement la croissance européenne car elle se dirige vers la récession. On comprend son intérêt à resserrer les liens avec la France, mais leur décroissance prend des allures semblables. La force de l’Allemagne réside dans son endettement proche des 60% et non 100% pour la France, mais sa politique d’austérité à base de déflation interne se nourrit de moins en moins de la consommation intérieure. On constate que si la France fait mieux que l’Allemagne et l’Italie, elle se situe en-dessous de la Belgique, de la Zone euro et de l’UE. Il est notable que la Suisse est impactée avec un retard de 6 mois et, comme par hasard, elle rejoint la croissance de l’UE. Sa monnaie ne la protège plus de la récession européenne au contraire du Royaume-Uni.

La situation actuelle de l’ensemble des pays peut se résumer sur le graphique ci-contre. Le constat est terrible pour la France, l’Allemagne et l’Italie. Le poids de leurs économies plombe les résultats de l’UE et de la zone euro, alors que les Pays-Baltes, la Hongrie et la Pologne montrent une croissance presque digne de la Chine. On voit que l’UE est l‘objet d’un clivage Est-Ouest, lequel est en train d’atteindre son but de rééquilibrage des économies sur l’ensemble de l’UE, les pays donateurs marquant le pas de la croissance. Ce basculement ne se fait pas dans une croissance globale qui permet de situer l’UE parmi les économies dynamiques de la planète. On peut dire que le rééquilibrage en cours se fait au prix d’une décroissance notable des pays fondateurs de l’UE, et même qu’il menace sérieusement l’économie de ceux-ci en poussant leur croissance vers le bas jusqu’à la récession comme pour l’Italie. 

L’illusion d’une UE, et mieux d’une zone euro, porteuse de prospérité en prend un sacré coup. Dans les pays de la zone euro seules l’Espagne et l’Autriche, l’Irlande étant un cas particulier, ont une croissance de plus de 2%. Il reste à voir si l’Espagne n’est pas en train de sacrifier sa dette à la relance de son économie. A contrario les pays de l’Est sont dans l’ensemble peu endettés.  Désormais la Suisse se laisse engluer dans le carcan économique de l’UE à cause de sa proximité avec l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie. On retiendra la faillite du couple franco-allemand mais avec le handicap supplémentaire français de la dette et d’un déficit revenu à 3,1% du PIB. Compte-tenu de l’évolution de sa croissance trimestrielle montrée plus haut, les perspectives de croissance réelle pour la France en 2020 sont largement inférieures à 1%, contrairement au Royaume-Uni qui peut espérer mieux et faire mentir les commentaires catastrophiques à son égard. Non Bruno Lemaire n’a pas le droit d’afficher de l’autosatisfaction, la France va mal et ce n’est pas l’Allemagne qui va la redresser mais plutôt puiser chez nous l’apport de croissance qui lui manque.

La France est généreuse avec 2,5 milliards d’euros donnés aux petites et moyennes entreprises du Sénégal et d’ailleurs en Afrique francophone. La France se veut la lumière du monde dans le sauvetage de la planète avec un plan énergétique délirant et dispendieux avec la dépense de dizaines de milliards de l’Etat dans les années qui viennent, auxquels il faut ajouter la taxe « énergies renouvelables » en croissance sur notre facture électrique. Cela donne +5% en juin, soit beaucoup plus que l’inflation poussant notre kWh vers le prix allemand qui était le double du nôtre il y a quelques années en arrière avant que nous… sauvions la planète. Il est temps de resserrer les boulons, non sur l’attaque de symboles, mais sur les dépenses injustifiées comme la transition énergétique et les dizaines de milliards investis dans les entreprises sans résultat ni sur le chômage, ni sur l’économie, alors que ces sommes sont captées en majeure partie par les très grosses entreprises souvent multinationales payant relativement peu d’impôts.


Le rideau de fumée du gouvernement empêche le peuple 

De voir le gouffre qui s’ouvre devant nous dès demain.

Stop à la pensée « Printemps », slogan trompeur


Fait pour endormir un peuple à qui on masque


Une réalité qui va éclater brusquement


Plongeant surtout les plus démunis


Dans une plus grande détresse


Dans laquelle nous mène


L’UE des lobbies !


Claude Trouvé 
03/04/19